
🔄 Pas le bon ingrédient ? Les substitutions qui marchent
| Sirop de sucre de canne | → Sirop de sucre blanc maison (1 volume d'eau pour 1 de sucre) |
| Jus de citron jaune | → Citron vert (2,5 cl), plus vif et plus parfumé |
| Eau gazeuse | → Eau de Seltz au siphon, pour des bulles plus fines |
| Gin London Dry | → Gin New Western (réduire le citron à 2,5 cl) |
Un Gin Fizz, c’est 4,5 cl de gin, 3 cl de jus de citron jaune frais et 1 cl de sirop de sucre de canne shakés 12 secondes, filtrés sur glaçons dans un highball, puis allongés de 8 cl d’eau gazeuse. Quatre ingrédients, trois minutes. Le seul vrai problème du Gin Fizz, c’est que huit sites te donneront huit dosages différents — et aucun n’explique pourquoi. On tranche plus bas.
La recette du Gin Fizz, étape par étape
Matériel : un shaker, une passoire (strainer), un verre highball, un doseur. Le Gin Fizz appartient à la famille des sours allongés : un alcool, un acide, un sucrant, et une allonge gazeuse ajoutée après le shake. La règle absolue tient en trois mots — on ne shake jamais les bulles.
- Mets ton verre highball au congélateur, ou remplis-le de glaçons et d’eau le temps de préparer le reste.
- Presse 3 cl de jus de citron jaune, soit environ un citron moyen. Filtre les pépins et la pulpe grossière.
- Verse dans le shaker : 4,5 cl de gin, les 3 cl de jus de citron, 1 cl de sirop de sucre de canne.
- Remplis le shaker de glaçons aux deux tiers et shake énergiquement 10 à 12 secondes, jusqu’à ce que le métal soit givré.
- Vide ton verre, remplis-le de glaçons frais, et filtre le contenu du shaker par-dessus (double filtrage à la passoire fine si tu veux un rendu net).
- Allonge avec environ 8 cl d’eau gazeuse bien froide, versée doucement le long de la cuillère de bar.
- Remue une seule fois, de bas en haut. Garnis d’une rondelle ou d’un zeste de citron et sers immédiatement.
Le Gin Fizz ne se prépare pas à l’avance et ne s’entrepose pas en pichet : les bulles tombent, l’acidité du citron s’aplatit en une vingtaine de minutes et le cocktail devient plat. Une seule chose se prépare en avance : le sirop de sucre de canne. Et si ta recette source parle en millilitres ou en onces, notre convertisseur cl / ml / oz évite les conversions approximatives qui font justement diverger toutes les recettes.
▶4 cl ou 6 cl de gin ? On tranche
Voici le problème, relevé noir sur blanc dans les pages qui ressortent en tête sur cette recette :
| Source | Gin | Citron | Sirop | Eau gazeuse |
|---|---|---|---|---|
| Fiche de référence encyclopédique | 4,5 cl | 3 cl | 1 cl | 8 cl |
| Site recette généraliste A | 4 cl | 2 cl | 1 cl | 5 cl |
| Site verrerie | 6 cl | 2 cl | 2 cl | 5 cl |
| Site caviste | 6 cl | 4 cl | 2 cl | — |
| Blog cocktails | 4,5 cl | 3 cl | 1 cl | — |
| Épicerie fine | 4 cl | 2 cl | 2 cl | — |
Le gin va de 4 à 6 cl, le citron de 2 à 4 cl, le sirop du simple au double. Ce n’est pas du désaccord de spécialistes, c’est de la recopie sans réflexion.
Notre position : 4,5 / 3 / 1, plus 8 cl d’eau gazeuse. C’est le dosage de la fiche officielle du cocktail, et il tient debout pour une raison précise. La famille sour fonctionne sur un ratio 2 : 1 : 0,5 (deux parts d’alcool, une part d’acide, une demi-part de sucre). Ici, 4,5 / 3 / 1 s’en écarte volontairement : on est à 1,5 : 1 : 0,33, donc plus acide et moins sucré qu’un sour classique — parce que l’eau gazeuse va diluer et adoucir la perception. Un Gin Fizz équilibré avant l’allonge est un Gin Fizz fade après.
Les deux ajustements légitimes. Si ton gin est à 47 % vol. au lieu de 40, descends à 4 cl : l’alcool prend plus de place aromatique et brûle le citron. Si tes citrons sont très acides (l’hiver, ils le sont souvent), monte le sirop à 1,5 cl plutôt que de baisser le citron — tu gardes la longueur en bouche. En revanche, ne monte pas le gin à 6 cl en gardant 2 cl de citron : tu obtiens un gin-eau gazeuse mou, pas un Fizz. Pour visualiser les ratios dans un doseur réel, notre page doses et doseur donne les repères.
Prends l’habitude de goûter ta base à la paille avant d’allonger. Et si elle te paraît bonne à ce moment-là, c’est mauvais signe. Une base de Fizz correcte est franchement trop acide au sortir du shaker : tranchante, courte, presque désagréable à boire telle quelle. Ce sont les 8 cl d’eau gazeuse qui vont la remettre en place, en diluant d’un bon tiers et en étalant l’acidité. C’est là que la majorité des Fizz maison se perdent : on rajoute du sirop dans le shaker parce que « c’est trop acide », et on boit de l’eau parfumée vingt secondes plus tard. Deuxième point, qui découle du premier : ces 8 cl se mesurent au doseur. C’est le seul ingrédient que tout le monde verse au goulot et à l’œil, et c’est celui qui décide du résultat — 12 cl au lieu de 8, et ton dosage travaillé au demi-centilitre ne veut plus rien dire. Troisième point, le moins évident : la glace du verre de service. Si tu as refroidi ton highball à la glace et à l’eau, jette-la entièrement et remplis avec des glaçons secs sortis du congélateur. Un glaçon qui a déjà baigné est mouillé en surface : il t’apporte une dilution supplémentaire que tu n’as pas comptée, précisément là où tu venais de tout calculer.
Quel gin choisir pour un Gin Fizz
Un London Dry classique, autour de 40 à 43 % vol. C’est le style dominé par le genièvre, avec de la coriandre, de l’angélique et des écorces d’agrumes : sec, droit, sans sucre ajouté. C’est le seul profil qui garde le dessus face à 3 cl de jus de citron. Compte 18 à 25 € pour une bouteille tout à fait correcte — au-delà, tu paies une complexité que l’allonge à l’eau gazeuse va gommer.
Les gins dits New Western (ou contemporains) mettent le genièvre en retrait au profit des agrumes, des fleurs ou du concombre. Ils fonctionnent, mais tu changes de cocktail : le résultat est plus parfumé, moins tranchant. Si tu pars sur ce style, descends le citron à 2,5 cl, sinon les botaniques délicates disparaissent complètement.
Ce qu’il faut éviter : les gins colorés et sucrés type pink gin aromatisé aux fruits rouges, qui apportent du sucre non maîtrisé par-dessus ton sirop, et les sloe gin (liqueurs de prunelle à 25 % vol.) qui ne sont pas des gins au sens strict — eux ont leur propre recette de fizz, le sloe gin fizz. Un gin à 47 % vol. (style navy strength) marche très bien, à condition de réduire la dose à 4 cl.
Eau gazeuse, Perrier ou Schweppes ?
De l’eau gazeuse neutre, point. Et c’est là que beaucoup de Gin Fizz partent en vrille : le Schweppes n’est pas de l’eau gazeuse. Le Schweppes Indian Tonic est un tonic, c’est-à-dire une boisson sucrée et amère à la quinine, avec environ 8 g de sucre pour 100 ml. Si tu allonges ton Fizz au tonic, tu ajoutes 6 à 7 g de sucre et une amertume de quinine par-dessus ton sirop — tu n’obtiens pas un Gin Fizz, tu obtiens un gin tonic citronné et déséquilibré.
Ce qui marche : une eau gazeuse neutre à bulles fines (type Perrier fine bulle), ou de l’eau de Seltz si tu as un siphon. Ce qui marche moyennement : les eaux très minéralisées au goût salé ou soufré, qui écrasent le citron. Ce qui ne marche pas : la limonade et le Sprite, sauf si tu supprimes intégralement le sirop de canne — et même là, tu perds la sécheresse qui fait le cocktail.
La quantité compte aussi : 8 cl, pas plus. Au-delà, tu passes sous la barre où le cocktail garde du corps, et tu bois de l’eau parfumée.
Combien d’alcool et combien de calories dans un Gin Fizz ?
Environ 10 % vol. dans le verre servi. Le calcul : 4,5 cl de gin à 40 % vol. apportent 1,8 cl d’alcool pur, pour un volume total de 16,5 cl auquel s’ajoutent environ 2 cl de dilution au shaker, soit près de 18,5 cl — ce qui donne 9,7 % vol. C’est une estimation de calcul, à vérifier sur ta version exacte avec le calculateur de degré d’alcool. Concrètement, un Gin Fizz contient à peu près autant d’alcool pur qu’un verre de vin de 12 cl. Le calculateur d’alcoolémie permet de situer où on en est après plusieurs verres.
Côté calories, compte environ 140 kcal : 100 kcal viennent du gin, 32 du centilitre de sirop de canne, 8 du jus de citron, et zéro de l’eau gazeuse. C’est un des cocktails les plus légers de la famille sour, précisément parce que l’allonge n’apporte rien. Passer à 2 cl de sirop, comme le font plusieurs recettes qui circulent, ajoute 32 kcal et surtout casse l’équilibre. Le calculateur de calories chiffre ta version.
Les erreurs qui ruinent un Gin Fizz
| L’erreur | La correction |
|---|---|
| Shaker l’eau gazeuse | Gin, citron et sirop au shaker uniquement. L’eau gazeuse s’ajoute dans le verre, après filtrage. Sinon tu dégazes tout et tu risques le shaker qui explose. |
| Jus de citron en bouteille | Citron pressé minute. Sur une base à quatre ingrédients, le goût cuit du jus industriel est immédiatement identifiable. |
| Sucre en poudre à la place du sirop | Sirop de sucre de canne. Le sucre cristallisé ne se dissout pas à froid et reste au fond du verre. |
| Verre à température ambiante | Verre glacé au congélateur ou refroidi à la glace et à l’eau. Un verre chaud dilue le cocktail avant la première gorgée. |
| Allonger au tonic | Eau gazeuse neutre. Le tonic apporte sucre et quinine et transforme le Fizz en autre chose. |
| Laisser reposer avant de servir | Service immédiat. Un Fizz perd ses bulles et son mordant en une vingtaine de minutes. |
| Glaçons petits ou fondants | Gros glaçons durs, sortis directement du congélateur. Les petits glaçons humides diluent trois fois plus vite. |
Gin Fizz, Gin Tonic ou Tom Collins : quelle différence ?
Ce sont trois long drinks au gin, et on les confond en permanence.
Le Gin Fizz est un sour allongé : gin, jus de citron jaune, sirop de sucre, le tout shaké, puis allongé à l’eau gazeuse neutre. Il est acide, sec, mousseux en surface, et se boit vite — traditionnellement sans glace dans le verre à fizz, aujourd’hui le plus souvent sur glaçons.
Le gin tonic n’a ni citron pressé ni sucre ajouté : c’est du gin allongé d’eau tonique, une boisson déjà sucrée et amère à la quinine. Il se monte directement au verre, sans shaker, dans un ratio de l’ordre de 1 : 3. Profil totalement différent : amer, long, aromatique.
Le Tom Collins est presque le jumeau du Gin Fizz : mêmes ingrédients, mêmes proportions ou presque. Les différences historiques : le Collins se monte directement dans son grand verre (le verre Collins) sur beaucoup de glace, il est plus long, plus dilué, et se boit lentement ; le Fizz est shaké, plus court et plus concentré. Le John Collins, lui, se fait au whisky.
Dans la même famille de gin acidulé, tu trouveras aussi le gin rickey (sans sucre du tout), le gin sour (sans allonge), le gimlet (au cordial de citron vert), le French 75 (allongé au champagne) et le gin basil smash. À l’opposé du spectre, le dry martini montre ce que devient le gin quand on retire l’acide et le sucre.
Les variantes : Silver, Golden, Green, concombre, sans alcool
Silver Fizz. On ajoute un blanc d’œuf frais au shaker. Résultat : une mousse blanche dense et une texture soyeuse. Technique obligatoire — un premier shake sans glace pendant 15 secondes pour monter le blanc, puis un second avec la glace. Sur le principe et les doses, voir la fiche silver fizz.
Golden Fizz. Même logique avec un jaune d’œuf : plus riche, plus rond, nettement moins rafraîchissant. C’est une curiosité historique plus qu’un classique de tous les jours.
Green Fizz. Un trait de liqueur de menthe donne la couleur et une fraîcheur mentholée. À doser à 1 cl maximum, sinon on ne boit plus que du sirop de menthe.
Gin Fizz concombre. Trois rondelles de concombre pressées au fond du shaker avant les liquides, avec un gin New Western. Filtre finement, sinon les fibres restent en surface.
Sans alcool. Remplacer le gin par un spiritueux sans alcool aux botaniques donne une boisson honnête, à condition de descendre le citron à 2 cl : sans alcool pour porter l’acidité, 3 cl deviennent agressifs. Voir la logique complète sur gin tonic sans alcool.
Le Ramos Gin Fizz, enfin, mérite qu’on lui laisse sa place : crème, blanc d’œuf, eau de fleur d’oranger, citron jaune et citron vert, et un shake réputé pour durer plusieurs minutes. Ce n’est pas une variante à cinq secondes près du Gin Fizz, c’est un autre exercice, avec sa propre fiche — voir Ramos Gin Fizz.
Et pour ceux qui cherchent : non, ça ne se fait pas au robot ménager. Un shaker à 12 € fait mieux le travail que n’importe quel bol chauffant, parce que ce qu’on cherche ici, c’est du froid et de l’aération, pas du mixage.
L’histoire du Gin Fizz
Les « fizz » apparaissent dans les manuels de bar américains de la seconde moitié du XIXe siècle : la catégorie désigne un sour allongé d’eau gazeuse, servi dans un petit verre et bu rapidement, souvent le matin — d’où le nom, l’onomatopée du gaz. Le Gin Fizz devient le représentant le plus populaire de la famille et la Nouvelle-Orléans en fait une institution locale, avec sa déclinaison la plus célèbre, le Ramos, créée dans les années 1880 par Henry C. Ramos.
Le cocktail figure aujourd’hui dans la liste officielle des cocktails de l’IBA, dans la catégorie des classiques historiques. On trouve aussi, associée au Gin Fizz, une légende de marin britannique et de prévention du scorbut : elle ne repose sur aucune source sérieuse, et le citron dans un cocktail n’a jamais été un argument de santé. On la signale pour ce qu’elle est — une histoire de blog, pas un fait.
Sur les techniques de shake, de dilution et de sirop de sucre maison, on entre dans le détail dans le labo.
À boire aussi



Questions fréquentes
Quel gin pour un Gin Fizz ?
Un London Dry classique à 40-43 % vol., entre 18 et 25 € la bouteille : c'est le style sec dominé par le genièvre, le seul qui tienne face à 3 cl de jus de citron. Un gin New Western (agrumes, floral, concombre) fonctionne aussi, mais réduis alors le citron à 2,5 cl. Évite les pink gins sucrés, qui déséquilibrent le dosage du sirop.
Quelle est la différence entre un Gin Fizz et un Gin Tonic ?
Le Gin Fizz est un sour allongé : gin, jus de citron jaune frais et sirop de sucre shakés, puis allongés d'eau gazeuse neutre. Le gin tonic ne contient ni citron pressé ni sucre ajouté : c'est du gin monté directement au verre avec de l'eau tonique, déjà sucrée et amère à la quinine. Le premier est acide et sec, le second amer et long.
Quel soda avec le gin dans un Fizz ?
De l'eau gazeuse neutre à bulles fines, ou de l'eau de Seltz. Le Schweppes Indian Tonic n'est pas de l'eau gazeuse : c'est un tonic sucré à la quinine (environ 8 g de sucre pour 100 ml), qui ajoute du sucre par-dessus ton sirop et une amertume qui ne va pas avec le citron. La limonade et le Sprite ne conviennent que si tu supprimes tout le sirop de canne.
Faut-il mettre un blanc d'œuf dans un Gin Fizz ?
Non, pas dans le Gin Fizz classique. Le blanc d'œuf caractérise le Silver Fizz, une variante à part entière qui donne une mousse blanche dense et une texture soyeuse. Elle demande une technique différente : un premier shake sans glace de 15 secondes pour monter le blanc, puis un second avec la glace. Le jaune d'œuf, lui, donne le Golden Fizz.
Comment boire du gin ?
En cocktail dans la grande majorité des cas, parce que le gin est un spiritueux aromatisé conçu pour être mélangé : allongé à l'eau tonique, monté en sour comme dans le Gin Fizz, ou remué avec du vermouth dans un dry martini. Pur et à température ambiante, il est très marqué par le genièvre et l'alcool. Servi très frais en petite quantité, il se déguste, mais ce n'est pas son usage historique.
Est-ce que le gin se boit pur ?
Oui, c'est possible : certains gins premium se dégustent purs, très froids, dans un petit verre, comme on le fait avec une eau-de-vie. Mais le gin a été conçu comme base de mélange, et sa charge aromatique en genièvre le rend rapidement fatigant seul. La grande majorité des gins du marché s'exprime mieux avec une allonge et une pointe d'acidité.
Quel est le degré d'alcool d'un Gin Fizz ?
Environ 10 % vol. dans le verre servi. Le calcul : 4,5 cl de gin à 40 % vol. donnent 1,8 cl d'alcool pur pour un volume final d'environ 18,5 cl dilution comprise, soit 9,7 % vol. C'est une estimation de calcul, pas une mesure : un Gin Fizz contient à peu près autant d'alcool pur qu'un verre de vin de 12 cl.
Peut-on faire un Gin Fizz sans alcool ?
Oui, en remplaçant le gin par un spiritueux sans alcool aux botaniques, à volume égal. Un ajustement s'impose : descends le jus de citron à 2 cl, car sans alcool pour porter l'acidité, 3 cl deviennent agressifs. Garde 1 cl de sirop de canne et 8 cl d'eau gazeuse. Le résultat est proche en structure, plus court en bouche.
Rédigé et vérifié par l'équipe du Barman Vous Déteste — mis à jour le 4 août 2026.
