Singapore Sling : la recette du cocktail de l’hôtel Raffles (et les 3 versions qui circulent)

★ Recette officielle IBA🌡 ~9° le verre fini🔥 250 kcal⏱ 6 min💪 moyen🥃 Verre Hurricane 40-45 cl💶 ~2,90 € le verre
Les ingrédients, ajustés pour toi
1 personne
Gin (London dry classique, 40 % vol)3 cl
Liqueur de cerise (ou 2 cl de guignolet, en descendant la grenadine)1.5 cl
Cointreau (ou un triple sec correct)0.75 cl
Bénédictine D.O.M.0.75 cl
Jus d'ananas (pur jus secoué, ou pressé frais : c'est lui qui fait la mousse)12 cl
Jus de citron (pressé minute)1.5 cl
Sirop de grenadine1 cl
Angostura bitters (posé sur la mousse au moment du service)1 trait
🔄 Pas le bon ingrédient ? Les substitutions qui marchent
Liqueur de cerise→ Guignolet 2 cl, en descendant la grenadine à 0,5 cl
Cointreau→ Triple sec de bonne qualité, même dose
Jus d'ananas pur jus→ Ananas frais pressé (mousse encore plus) ; nectar accepté en descendant la grenadine
Verre Hurricane→ Tout grand verre de 40 cl : pina colada, chope, grand tumbler

Le cocktail Singapore Sling, dans sa version officielle, c’est 3 cl de gin, 1,5 cl de liqueur de cerise, 0,75 cl de Cointreau, 0,75 cl de Bénédictine, 12 cl de jus d’ananas frais, 1,5 cl de jus de citron, 1 cl de sirop de grenadine et un trait d’Angostura, shakés fort et servis dans un verre Hurricane sur glace. Sept ingrédients : c’est le cocktail le plus chargé de son époque, et c’est aussi pour ça qu’on le rate.

Premier point à régler tout de suite : il existe au moins trois recettes qui portent ce nom, et elles ne donnent pas le même verre. Celle ci-dessus est la fiche officielle de l’International Bartenders Association. On compare les trois plus bas, et on dit laquelle faire.

La recette du Singapore Sling

Un shaker, un doseur, une passoire, un verre Hurricane de 40 à 45 cl et de la glace en quantité. Compte 6 minutes, le temps de sortir sept bouteilles et de tout doser. Le jus d’ananas fait de ce cocktail un drink shaké, pas un build.

  1. Remplis le verre Hurricane de glaçons et mets-le de côté : il refroidit pendant que tu travailles.
  2. Dans le shaker, verse d’abord les petits volumes : 0,75 cl de Cointreau, 0,75 cl de Bénédictine, 1 cl de grenadine, 1,5 cl de jus de citron pressé minute.
  3. Ajoute 1,5 cl de liqueur de cerise, puis 3 cl de gin.
  4. Termine par 12 cl de jus d’ananas.
  5. Remplis le shaker de glaçons pleins aux trois quarts et shake fort 12 à 15 secondes, jusqu’à ce que le métal soit givré.
  6. Vide la glace du verre, remets de la glace fraîche, et filtre le cocktail par-dessus.
  7. Termine par un trait d’Angostura et garnis d’un quartier d’ananas et d’une cerise.

La mousse épaisse en surface n’est pas un accident : elle vient des fibres et des protéines du jus d’ananas battues par le shake. Si ton verre n’a pas de mousse, quelque chose s’est mal passé — on y revient. Le trait d’Angostura, lui, se pose à la fin sur cette mousse plutôt qu’au shaker comme le prévoit la fiche officielle : en surface, il reste là où arrive le nez.

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Trois recettes portent le même nom

Aucun média français ne le signale, et c’est pourtant la première chose à comprendre : selon la source que tu ouvres, tu ne fais pas le même cocktail.

Version Ce qu’elle contient Le verre obtenu
Version officielle IBA gin, liqueur de cerise, Cointreau, Bénédictine, 12 cl de jus d’ananas, citron, grenadine, Angostura Long, mousseux, fruité, autour de 9 % vol. Le plus connu aujourd’hui.
Version à l’eau gazeuse gin, liqueur de cerise, Bénédictine, sirop Demerara, 6 cl d’eau gazeuse, Angostura, bitter à l’orange Beaucoup plus court et plus sec, autour de 15 % vol avant glace. Pas d’ananas, pas de mousse.
Version des recueils de 1930 gin, jus de citron, cherry brandy, eau gazeuse, en parts La plus ancienne documentée, la plus dépouillée : un sling d’origine, sans les liqueurs françaises.

On tranche : fais la version IBA. C’est celle que servent les bars, c’est celle qui correspond à l’image que tu as du cocktail, et c’est la seule des trois où le jus d’ananas joue son rôle. La version à l’eau gazeuse reste intéressante si tu veux un verre court et sec — elle est décrite plus bas dans les variantes. Les unités changent aussi d’une source à l’autre : l’officiel publie en millilitres, la presse française en centilitres, les Américains en onces. Le convertisseur cl / ml / oz évite les fautes de facteur 10 sur les 7,5 ml de Bénédictine, et le guide des doses au doseur donne les repères de jigger.

Quelle liqueur de cerise ?

Les sources se contredisent une deuxième fois, et cette fois ce sont carrément des produits différents. « Liqueur de cerise » et « cherry brandy » recouvrent des choses qui n’ont ni le même degré, ni le même sucre, ni la même intensité.

Produit Degré courant Ce que ça donne
Liqueur de cerise danoise à base de cerises noires ≈ 24 % Le profil de référence : noyau, amande, cerise mûre, amertume légère. Le verre a du fond.
Liqueur de cerise italienne de type Sangue Morlacco ≈ 30 % Celle que retient la fiche officielle. Plus sèche, plus alcooleuse, moins sirupeuse.
Cherry brandy générique de grande surface 15 à 24 % Souvent très sucré et coloré. Ça fonctionne, mais descends la grenadine à 0,5 cl.
Liqueur de cerise de distillateur français 18 à 25 % Profils variables. Goûte pure avant de doser, comme toujours.
Sirop de cerise 0 % À écarter : tu perds l’amertume de noyau, et il ne reste que du sucre rouge.

Ce tableau est un repère technique, pas un palmarès. Le critère qui décide, c’est le rapport sucre/amertume de ta bouteille, parce que la recette contient déjà de la grenadine et du jus d’ananas.

Pas de liqueur de cerise ? Prends du guignolet

Voilà le substitut que personne ne propose en France, alors qu’il est en rayon dans à peu près toutes les grandes surfaces : le guignolet. C’est une liqueur de cerise française, historiquement angevine, faite par macération de guignes dans l’alcool, embouteillée autour de 15-18 %. Elle est nettement moins chère que les liqueurs de cerise importées et elle fait très bien le travail dans ce cocktail.

Le réglage : le guignolet étant moins alcoolisé et souvent un peu plus sucré, monte à 2 cl au lieu de 1,5 et descends la grenadine à 0,5 cl. Tu perds un peu d’amertume de noyau, tu gagnes du fruit frais. Et si tu tombes sur du guignolet-kirsch, la version additionnée d’eau-de-vie de cerise, tu récupères une partie de cette amertume : c’est l’option la plus proche de l’original. La fiche guignolet kirsch détaille le produit et son usage classique.

Bénédictine et Cointreau : deux liqueurs françaises à Singapour

C’est l’angle que personne ne relève côté français : le cocktail national de Singapour contient deux liqueurs françaises. La Bénédictine est produite à Fécamp, en Normandie, à base de plantes et d’épices, autour de 40 % vol — ses initiales D.O.M. sur l’étiquette sont une formule latine héritée de l’univers monastique dont la marque revendique l’inspiration. Le Cointreau est une liqueur d’écorces d’oranges produite à Angers, également autour de 40 %.

Les deux jouent des rôles opposés et complémentaires : la Bénédictine apporte du miel, des herbes et de la profondeur, le Cointreau apporte de l’agrume sec et de la netteté. Non, ils ne sont pas interchangeables — remplacer la Bénédictine par du Cointreau donne un cocktail plus plat, sans la couche herbacée qui fait la signature du verre. À l’inverse, un triple sec correct remplace le Cointreau sans drame.

Bonne nouvelle si tu viens d’acheter une bouteille de Bénédictine pour ce cocktail : elle sert aussi pour le vieux carré, l’autre grand classique bâti sur elle. Deux fiches pour une bouteille, ça rend l’achat plus raisonnable.

Quel gin, et quel jus d’ananas ?

Le gin : un London dry classique à 40 %, franc sur le genièvre et les agrumes. Dans un verre qui contient sept ingrédients dont 12 cl de jus, un gin très aromatique et très cher se fait tout simplement recouvrir. Évite en revanche les gins fortement floraux ou parfumés au concombre et à la rose : ils se cognent à la cerise.

Le jus d’ananas : c’est lui qui décide de la mousse, donc de l’allure du verre. Un jus pressé frais, avec ses fibres, mousse énormément. Un jus « pur jus » en brique mousse correctement. Un nectar sucré et filtré ne mousse presque pas, et il ajoute du sucre à un cocktail qui en contient déjà. Si tu n’as que du nectar, descends la grenadine à 0,5 cl. Et secoue la brique avant de doser : les fibres sédimentent au fond, et ce sont elles qui font le travail.

Hurricane ou highball ?

Les sources se contredisent une troisième fois : la fiche officielle et l’encyclopédie disent Hurricane, plusieurs tutoriels servent le cocktail en highball ou en Collins. La différence n’est pas décorative.

Un Hurricane fait 40 à 45 cl : il accueille les 21 cl de cocktail, la glace et la mousse sans déborder, et sa forme large laisse la place à la garniture. Un highball de 30 cl oblige soit à réduire le jus d’ananas, soit à servir un verre plein à ras sans mousse visible. Prends le Hurricane si tu l’as, sinon n’importe quel grand verre de 40 cl fera le travail — un verre à pina colada, une chope, un grand tumbler. Le format compte, la forme beaucoup moins.

🥃 Le conseil du barman

Avant de doser quoi que ce soit, retourne ton shaker et regarde sa contenance. Ce cocktail fait 21 cl de liquide avant la glace, soit deux à trois fois ce qu’on met d’habitude dans un shaker, et les modèles de cuisine tournent entre 50 et 70 cl. Tu verses tes sept ingrédients, tu ajoutes la glace comme d’habitude, et il ne reste plus un centimètre de vide : le mélange ne voyage plus d’un bout à l’autre, il tourne sur place. Résultat, un cocktail à peine mélangé, une mousse absente, et un shaker qui fuit par le joint pendant que tu secoues. Deux solutions, l’une comme l’autre valables : la grande timbale d’un shaker Boston, nettement plus haute, ou le shake en deux fois — la moitié des ingrédients avec de la glace, versée dans le verre, puis la seconde moitié par-dessus. Corollaire au moment de filtrer : la passoire du shaker, et rien d’autre. C’est le cas rare où le réflexe du tamis fin te dessert — les fibres d’ananas qu’il retient sont exactement ce qui fait la mousse, et cette mousse est la moitié de l’allure du verre. Cerise posée dessus, quartier d’ananas coupé épais pour tenir sur le bord, et tu as l’objet que le Long Bar a construit il y a un siècle.

Les erreurs qui ruinent un Singapore Sling

L’erreur La correction
Monter le cocktail directement dans le verre Shaker obligatoire, 12 à 15 secondes. Sans shake, le jus d’ananas ne mousse pas et les sept ingrédients ne se mélangent jamais vraiment.
Un nectar d’ananas filtré et sucré Pur jus, secoué avant dosage, ou jus pressé. Les fibres font la mousse, et un nectar ajoute du sucre à un cocktail déjà sucré.
Doser la Bénédictine et le Cointreau à l’œil 0,75 cl chacun, au doseur. Ce sont des liqueurs à 40 % très aromatiques : le double, et elles écrasent le fruit.
Filtrer sur la glace qui a servi au shake Glace neuve dans le verre. La glace du shaker est fissurée et fondra deux fois plus vite dans un verre de 45 cl.
Remplacer la liqueur de cerise par du sirop de cerise Une vraie liqueur, ou du guignolet. Le sirop n’apporte que du sucre rouge, sans l’amertume de noyau.
Servir dans un verre trop petit 40 cl minimum. Le cocktail fait 21 cl avant glace : dans un verre de 30 cl, tu perds la glace ou la mousse.

Combien titre un Singapore Sling, et combien ça fait de calories ?

Là encore, personne ne calcule, et l’écart entre les deux versions est important.

Version officielle à l’ananas : environ 9 % vol dans le verre. Le gin apporte 1,2 cl d’alcool pur, la liqueur de cerise 0,36, le Cointreau 0,3 et la Bénédictine 0,3 — soit 2,16 cl d’alcool pur pour 20,5 cl de mélange, ce qui donne 10,5 % avant glace et environ 9 % une fois dilué par le shake. Autrement dit, à peu près une unité et demie d’alcool, dans un grand verre qu’on boit lentement.

Version à l’eau gazeuse : environ 15 % avant glace, 13 % dans le verre. Le même alcool réparti sur 12 cl au lieu de 21. C’est cette version-là que décrivent les fiches encyclopédiques quand elles annoncent « environ 16 % vol » — la valeur est juste, mais elle ne correspond pas à la recette à l’ananas que la plupart des gens préparent. Recalcule tes propres doses avec le calculateur de degré d’alcool.

Côté calories, c’est un cocktail chargé : environ 250 kcal pour la version officielle, réparties entre le gin (65), les trois liqueurs (90 à elles trois, dont la moitié en sucre), le jus d’ananas (65) et la grenadine (30). Le calculateur de calories permet d’affiner selon tes bouteilles.

Le Singapore Sling pour 8

Sept ingrédients à doser à la commande, c’est ingérable dès la troisième tournée. La solution est un pré-mélange en deux parties, exactement comme dans un bar qui met ce cocktail à la carte.

La veille ou le matin, prépare une bouteille de base pour 8 verres : 24 cl de gin, 12 cl de liqueur de cerise, 6 cl de Cointreau, 6 cl de Bénédictine, 8 cl de grenadine et 12 cl de jus de citron. Soit 68 cl, à garder fermés au réfrigérateur — les alcools et le sirop se conservent très bien ensemble, le jus de citron tient 24 heures.

Au service, tu shakes verre par verre : 8,5 cl de base plus 12 cl de jus d’ananas, glace, 12 secondes. Le jus d’ananas reste toujours à part, parce que c’est lui qui mousse et que la mousse ne se stocke pas. Tu passes de sept dosages à deux. Pour adapter à un autre nombre d’invités, le calculateur de punch fait le prorata.

Les variantes

La version courte à l’eau gazeuse : 3 cl de gin, 1,5 cl de liqueur de cerise, 0,75 cl de Bénédictine, 0,75 cl de sirop de sucre, 6 cl d’eau gazeuse, un trait d’Angostura et un trait de bitter à l’orange, dans un highball. Sans ananas, sans mousse, beaucoup plus sec.

Le Gin Sling : l’ancêtre, et la famille dont vient le nom. Un sling, c’est un spiritueux, du sucre, de l’eau et un aromate — la structure était déjà là au XIXe siècle, bien avant Singapour.

Le Straits Sling : version documentée dans les recueils anciens, avec du gin, de la Bénédictine, du cherry brandy et des bitters, sans ananas ni grenadine.

Version sans alcool : 12 cl de jus d’ananas, 1,5 cl de jus de citron, 1 cl de grenadine, 2 cl de sirop de cerise et de l’eau gazeuse. Tu gardes la couleur et la mousse, tu perds la structure — ajoute un trait d’Angostura si tu veux retrouver un peu d’amertume.

Dans la même famille de longs drinks au gin, va voir le gin fizz, le tom collins et le gin tonic. Côté cocktails shakés au gin, la white lady, le clover club et le last word. Et si c’est le verre Hurricane et le fruit qui t’attirent, la pina colada, le mai tai, le zombie et le planteur jouent dans le même terrain de jeu. Tout le reste du répertoire est rangé dans le hub cocktails, et les techniques de shake et de mousse dans le labo.

1915, le Long Bar et l’origine du Singapore Sling

Le Singapore Sling est né vers 1915 au Long Bar, l’un des bars de l’hôtel Raffles de Singapour. Un nom de créateur circule dans la littérature de bar, mais il n’apparaît pas dans les sources encyclopédiques françaises : on ne le donnera donc pas pour acquis.

Le point historique documenté est ailleurs, et il est daté. À cette époque, il était socialement mal vu qu’une femme boive de l’alcool en public. Le cocktail a été composé pour ressembler à un jus de fruit : couleur rose, verre haut, garniture de fruits. C’est un fait de société du début du XXe siècle, révélateur des normes de l’époque, et c’est aussi l’explication de la couleur — le rose vient de la grenadine et de la liqueur de cerise diluées dans le jus d’ananas, pas d’un colorant.

Le Long Bar existe toujours et sert le cocktail comme institution touristique, avec son rituel de cacahuètes dont les coques finissent au sol. Le prix d’un verre là-bas revient souvent dans les questions : il change régulièrement et il n’a rien à voir avec un prix de bar européen, donc on ne le chiffre pas ici.

Statut officiel : le Singapore Sling figure à la carte de l’International Bartenders Association, dans la catégorie « Contemporary Classics », avec les doses reprises en tête de cette page, un verre Hurricane, une méthode au shaker et une garniture ananas plus cerise.

À boire aussi

Questions fréquentes

Qu'y a-t-il dans un Singapore Sling ?

Sept ingrédients dans la version officielle : 3 cl de gin, 1,5 cl de liqueur de cerise, 0,75 cl de Cointreau, 0,75 cl de Bénédictine, 12 cl de jus d'ananas, 1,5 cl de jus de citron et 1 cl de sirop de grenadine, plus un trait d'Angostura. Le tout est shaké 12 à 15 secondes et servi sur glace dans un verre Hurricane, avec un quartier d'ananas et une cerise.

Quelle est la vraie recette : avec ou sans jus d'ananas ?

Les deux existent. La recette officielle de l'IBA contient 12 cl de jus d'ananas, du Cointreau et de la grenadine, sans eau gazeuse : c'est la version longue et mousseuse que servent les bars aujourd'hui. Une autre version, plus courte, remplace l'ananas par 6 cl d'eau gazeuse et ajoute un sirop Demerara. Une troisième, issue des recueils de 1930, se limite au gin, au citron, au cherry brandy et à l'eau gazeuse. Pour retrouver le cocktail que tu as en tête, fais la version IBA.

Quelle liqueur de cerise utiliser ?

Une vraie liqueur de cerise, pas un sirop. Les liqueurs danoises à base de cerises noires, autour de 24 %, donnent le profil de référence avec leur amertume de noyau. La fiche officielle retient une liqueur italienne d'environ 30 %, plus sèche. Un cherry brandy de grande surface fonctionne aussi, mais il est souvent très sucré : descends alors la grenadine à 0,5 cl.

Par quoi remplacer la liqueur de cerise en France ?

Par du guignolet, une liqueur de cerise française embouteillée autour de 15-18 %, disponible en grande surface et nettement moins chère que les liqueurs importées. Monte à 2 cl au lieu de 1,5 puisqu'elle est moins alcoolisée, et descends la grenadine à 0,5 cl. La version guignolet-kirsch, additionnée d'eau-de-vie de cerise, se rapproche encore plus de l'original.

Qu'est-ce que la Bénédictine, et peut-on la remplacer par du Cointreau ?

La Bénédictine est une liqueur de plantes et d'épices produite à Fécamp, en Normandie, autour de 40 % vol. Elle apporte du miel, des herbes et de la profondeur. Le Cointreau, liqueur d'écorces d'oranges d'Angers, apporte au contraire de l'agrume sec. Ils ne se remplacent pas l'un l'autre : sans Bénédictine, le cocktail perd sa couche herbacée. En revanche, un bon triple sec remplace le Cointreau sans dommage.

Quel verre pour un Singapore Sling ?

Un verre Hurricane de 40 à 45 cl, comme l'indique la fiche officielle. Le cocktail fait environ 21 cl avant la glace : il faut de la place pour les glaçons, la mousse et la garniture. Certains tutoriels servent le drink en highball ou en Collins, mais un verre de 30 cl oblige à réduire le jus d'ananas. À défaut de Hurricane, n'importe quel grand verre de 40 cl convient.

Combien titre un Singapore Sling ?

Environ 9 % vol dans le verre pour la version officielle à l'ananas : 2,16 cl d'alcool pur pour 20,5 cl de mélange, soit 10,5 % avant la dilution du shake. La version courte à l'eau gazeuse contient le même alcool dans 12 cl seulement : elle monte à environ 15 % avant glace, 13 % dans le verre. C'est cette seconde version que décrivent les fiches annonçant « environ 16 % ».

Pourquoi ce cocktail s'appelle-t-il « Sling » ?

Parce qu'il appartient à la famille des slings, antérieure de plus d'un siècle au Singapore Sling. Un sling associe un spiritueux, du sucre, de l'eau et un aromate — le gin sling en est l'exemple le plus courant. Le Singapore Sling est donc, littéralement, le sling de Singapour, à ceci près qu'il a fini par contenir bien plus d'ingrédients que la famille dont il vient.

Peut-on préparer des Singapore Sling à l'avance ?

Oui, en deux parties. Tu pré-mélanges les alcools, la grenadine et le jus de citron en bouteille au réfrigérateur — pour 8 verres : 24 cl de gin, 12 cl de liqueur de cerise, 6 cl de Cointreau, 6 cl de Bénédictine, 8 cl de grenadine, 12 cl de jus de citron. Au service, tu shakes 8,5 cl de cette base avec 12 cl de jus d'ananas. Le jus d'ananas reste toujours à part : c'est lui qui mousse, et la mousse ne se stocke pas.

Pourquoi un Singapore Sling est-il rose ?

Parce que la grenadine et la liqueur de cerise sont diluées dans 12 cl de jus d'ananas : le rouge se délave en rose. C'était l'effet recherché au moment de sa création, vers 1915, à une époque où il était mal vu qu'une femme boive de l'alcool en public — le cocktail était composé pour ressembler à un verre de jus de fruit. Aucun colorant n'entre dans la recette.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération. La vente d'alcool aux mineurs est interdite.

Rédigé et vérifié par l'équipe du Barman Vous Déteste — mis à jour le 4 août 2026.

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