Negroni Sbagliato : la recette du Negroni « raté » au prosecco

🌡 ~12° le verre fini🔥 160 kcal⏱ 2 min💪 facile🥃 Verre tumbler / old fashioned (verre à vin pour la version longue)💶 ~2,30 € le verre
Les ingrédients, ajustés pour toi
1 personne
Campari3 cl
Vermouth rouge (rosso ou sweet, 14,5 à 18 % vol.)3 cl
Prosecco (6 cl pour la version longue en verre à vin)3 cl
Zeste d'orange (large, prélevé à l'économe, sans partie blanche)1 zeste
Glaçons (les plus gros possible)1 verre
🔄 Pas le bon ingrédient ? Les substitutions qui marchent
Prosecco→ Crémant brut (plus sec, plus vineux)
Vermouth rouge→ Vin quinquina type Byrrh ou Dubonnet, dose légèrement réduite
Zeste d'orange→ Demi-tranche d'orange, moins aromatique

Un Negroni Sbagliato, c’est 3 cl de Campari, 3 cl de vermouth rouge et 3 cl de prosecco, montés directement dans un tumbler rempli de glace, avec un zeste d’orange. Sbagliato veut dire « raté » en italien : le prosecco y remplace le gin du Negroni. Il n’y a donc pas une goutte de gin dedans, et le verre passe d’environ 25 % vol. à environ 12 % vol.

Negroni ou Negroni Sbagliato ? Il n’y a pas de gin dedans

C’est le point à régler avant tout le reste, parce que le web français ne le règle pas : l’un des sites les mieux classés sur ce cocktail range la recette dans sa rubrique « cocktails au gin ». Elle n’en contient pas. Le remplacement du gin par du vin pétillant est la définition du cocktail — enlève ça, il ne reste rien.

Negroni Negroni Sbagliato Americano
Campari 3 cl 3 cl 3 cl
Vermouth rouge 3 cl 3 cl 3 cl
Troisième élément Gin, 3 cl Prosecco, 3 cl Eau gazeuse
Degré approximatif 24 à 28 % vol. 11 à 13 % vol. 8 à 10 % vol.
Bulles non oui oui

Trois cocktails, une seule variable. C’est ce qui rend cette famille si facile à mémoriser une fois qu’on a vu le tableau — et si facile à confondre tant qu’on ne l’a pas vu.

La recette du Negroni Sbagliato, étape par étape

Matériel : un tumbler ou un verre old fashioned, une cuillère à mélange, un doseur, un économe ou un couteau pour le zeste. Deux minutes, pas plus. C’est un cocktail build : tout se monte dans le verre de service, et il ne passe jamais au shaker — le shaker tuerait les bulles du prosecco.

  1. Prélève un large zeste d’orange à l’économe, sans emporter la partie blanche.
  2. Presse-le au-dessus du verre vide, peau vers l’intérieur, puis frotte le bord avec, et laisse-le tomber au fond.
  3. Remplis le verre de glaçons, les plus gros que tu aies, jusqu’en haut.
  4. Verse 3 cl de Campari puis 3 cl de vermouth rouge.
  5. Remue deux ou trois tours de cuillère, pas plus : à ce stade il n’y a pas encore de bulles à ménager.
  6. Complète avec 3 cl de prosecco, versés lentement le long de la paroi ou sur le dos de la cuillère.
  7. Un demi-tour de cuillère maximum pour homogénéiser, et c’est fini. Sers immédiatement.
Negroni Sbagliato : la recette du Negroni « raté » au prosecco en vidéo
🥃 Le conseil du barman

Le zeste d’orange se travaille dans le verre vide, avant tout le reste. Presque tout le monde fait l’inverse : on monte le cocktail, on tord un zeste au-dessus à la fin, on le jette dedans. Sur un verre plein et pétillant, ça ne marche pas. Les huiles essentielles que tu projettes sont grasses et volatiles ; elles se posent à la surface, la mousse du prosecco les emporte en quinze secondes, et il ne t’en reste rien au nez au moment où tu bois. Dans un verre sec, c’est l’inverse : les huiles adhèrent au verre sur toute la paroi. Tu montes le cocktail par-dessus, et chaque fois que tu portes le verre à ta bouche, tu passes le nez dans l’orange. Le geste exact : un zeste large prélevé à l’économe, sans la partie blanche qui n’apporte que de l’amertume, tenu à cinq centimètres au-dessus du verre, peau tournée vers l’intérieur, plié d’un coup sec entre le pouce et l’index. Tu dois voir le fin nuage d’huiles partir. Ensuite tu frottes le bord du verre avec le côté peau — c’est la première chose que tes lèvres touchent — et tu le lâches au fond. C’est gratuit, ça prend six secondes, et sur un cocktail à trois ingrédients tous très amers, c’est la seule note fraîche du verre.

1/1/1 ou 1/1/2 ? Le ratio qui change le cocktail

Les trois recettes les mieux classées du web français donnent deux ratios différents sans jamais signaler l’écart. Ce ne sont pourtant pas les mêmes boissons.

Le 1/1/1, c’est-à-dire 3 cl de chaque, donne un aperitivo court, amer et structuré. C’est la version que sert la marque elle-même, et c’est celle qui reste fidèle au Negroni dont elle dérive : mêmes proportions, un ingrédient changé. Tu la sers dans un tumbler, elle se boit en dix minutes.

Le 1/1/2, soit 6 cl de prosecco pour 3 cl de Campari et 3 cl de vermouth, donne un long drink pétillant nettement plus doux, où l’amertume passe au second plan. Ce n’est pas une erreur, c’est un choix — mais il faut alors changer de verre : un verre à vin ou une grande coupe, pour que les bulles aient de la place. Servi dans un tumbler, ce ratio déborde et le cocktail meurt en trois minutes.

Notre position : le 1/1/1 en tumbler est la recette, le 1/1/2 en verre à vin est une variante assumée pour ceux qui trouvent le Campari trop rude. Le verre suit le ratio, pas l’inverse. Pour t’y retrouver dans les mesures sans doseur gradué, le guide des doses au doseur donne les repères, et le convertisseur cl / ml / oz traduit les recettes anglo-saxonnes en onces.

Quel vermouth rouge choisir (et non, « Martini » n’est pas un type de vermouth)

C’est la question la plus posée autour de ce cocktail, et aucune des grandes recettes françaises n’y répond. Mettons les choses au clair.

Le vermouth est un vin aromatisé aux plantes, dont l’armoise, muté à l’alcool, titrant généralement entre 14,5 et 18 % vol. Martini est une marque, italienne, qui produit du vermouth — au même titre que Cinzano, Punt e Mes, Carpano ou Dolin. Dire « je mets du Martini » revient à dire « je mets du vermouth de la marque Martini ». Ce n’est ni une catégorie ni un synonyme, et la confusion vient simplement de la domination commerciale de la marque en France.

Pour un Sbagliato, il te faut un vermouth rouge, aussi appelé rosso ou sweet : sucré, épicé, avec des notes de vanille et d’écorces amères. Un vermouth d’entrée de gamme fait le travail sur ce cocktail, parce que le Campari domine largement ; un vermouth plus riche apporte de la profondeur si tu veux un verre plus rond. Ce qu’il ne faut pas prendre : un vermouth blanc ou dry, qui n’a pas le sucre nécessaire pour tenir face à l’amertume du Campari.

Par quoi le remplacer si tu n’en as pas : un autre vermouth rouge, tout simplement, ou un vin quinquina type Byrrh ou Dubonnet, plus sucré, en réduisant légèrement la dose. Ce que tu ne remplaces pas par du vermouth, c’est le Campari — et l’inverse est vrai aussi. Une recette française bien classée propose l’Aperol « à la place du vermouth » : c’est une erreur, l’Aperol est un amer orangé qui remplacerait le Campari, jamais le vin aromatisé. Une fois la bouteille de vermouth ouverte, garde-la au réfrigérateur et finis-la en un à deux mois : c’est du vin, ça s’oxyde.

Prosecco, crémant ou champagne ?

Le prosecco est le choix d’origine, et ce n’est pas du chauvinisme italien. C’est un vin mousseux vénitien élaboré en cuve close, fruité, floral, à l’acidité modérée et souvent légèrement dosé en sucre. Cette rondeur fruitée est exactement ce qu’il faut pour équilibrer l’amertume du Campari. En version extra dry, un peu plus sucrée que le brut malgré ce que le nom laisse croire, elle fonctionne encore mieux.

Le crémant français fonctionne très bien : plus vineux, plus sec, il donne un cocktail plus austère et plus tranchant. C’est le meilleur substitut si tu n’as pas de prosecco.

Le champagne brut, en revanche, n’est pas un bon plan ici, et pas seulement pour le prix. Il est plus sec, plus acide et plus minéral : le Campari l’écrase complètement, et tu ne retrouves ni ses bulles fines ni ses arômes de brioche. Tu paies une bouteille chère pour obtenir un cocktail moins bon qu’au prosecco. Si tu veux un cocktail au champagne, prends-en un qui le met en valeur, comme le kir royal ou le mimosa.

Sbagliato ou Americano ? La bulle change tout

Personne ne fait le rapprochement, et c’est pourtant le plus éclairant du répertoire. L’Americano, c’est Campari, vermouth rouge et eau gazeuse. Le Sbagliato, c’est Campari, vermouth rouge et prosecco. Le duo amer est identique, seul l’allongeur change.

Conséquence directe : si tu cherches un Americano sans eau gazeuse, tu ne cherches pas un Americano modifié, tu cherches un Sbagliato. Et si tu retires complètement l’allongeur, tu obtiens le Milano-Torino, l’ancêtre des deux : Campari de Milan, vermouth de Turin, moitié-moitié, sans rien d’autre. Trois cocktails, une même colonne vertébrale, trois degrés d’alcool et trois textures différentes. Le prosecco apporte du fruit et du sucre là où l’eau gazeuse n’apporte que de la dilution — d’où un Sbagliato plus rond et plus long en bouche qu’un Americano.

Combien d’alcool et de calories dans un Negroni Sbagliato ?

Aucune des grandes recettes ne donne le chiffre, alors que c’est précisément la différence entre les deux cocktails. Le calcul depuis les doses de cette page.

Negroni Negroni Sbagliato
Alcool pur dans le verre environ 2,5 cl environ 1,6 cl
Degré du verre servi environ 24 à 28 % vol. environ 11 à 13 % vol.
Unités d’alcool environ 2 environ 1,3
Calories estimées environ 190 à 210 kcal environ 150 à 170 kcal

Le détail du calcul : 3 cl de Campari à 25 % vol., 3 cl de vermouth rouge à 15-18 % vol. et 3 cl de prosecco à 11 % vol. font environ 1,6 cl d’alcool pur, sur un verre servi d’environ 12 cl une fois la glace fondue. Le degré du vermouth varie fortement d’une marque à l’autre, ce qui déplace le résultat : le calculateur de degré d’alcool refait le calcul avec tes bouteilles réelles, et le calculateur d’alcoolémie le traduit en unités. Côté calories, le Campari et le vermouth portent la quasi-totalité du sucre ; le détail est sur le calculateur de calories.

Les erreurs qui ruinent un Sbagliato

L’erreur La correction
Verser le prosecco en premier Toujours en dernier, lentement, sur la glace déjà montée avec le Campari et le vermouth.
Remuer comme un Negroni Un demi-tour de cuillère après le prosecco. Chaque tour supplémentaire fait partir du gaz.
Le passer au shaker Jamais. C’est un build. Le shaker dégaze complètement le vin pétillant.
Des glaçons petits ou creux De gros glaçons pleins. Les petits fondent vite et transforment le cocktail en jus tiède et dilué.
Mettre de l’Aperol à la place du vermouth L’Aperol est un amer, il remplacerait le Campari. Le vermouth rouge est un vin aromatisé, rien ne le remplace dans cette recette sauf un autre vermouth.
Zester avec la partie blanche Zeste fin à l’économe, sans le ziste blanc, qui n’apporte que de l’amertume sèche.

D’où vient le Negroni Sbagliato ?

L’histoire est celle d’un geste raté, d’où le nom. L’attribution la plus courante situe la création à Milan, en 1972, et l’attribue au barman Mirko Stocchetto : en plein coup de feu, il attrape une bouteille de vin pétillant au lieu de la bouteille de gin en préparant un Negroni. Le client trouve ça bon, le cocktail reste, et il garde le nom de son erreur — sbagliato, « raté ».

Un point de vigilance, parce qu’on ne va pas te recopier une donnée sans la vérifier : l’établissement est presque toujours cité comme étant le Bar Basso, à Milan, où Stocchetto officiait. La page officielle de la marque Campari, dans sa version canadienne, écrit « Bar Rosso ». Nous n’avons trouvé aucune source appuyant cette seconde graphie, et elle ressemble à une coquille — mais on te signale la divergence plutôt que de la masquer.

Les autres cocktails au Campari

Le Campari est un amer italien à base d’écorces et de plantes, créé à Novare au 19e siècle, et il structure toute une famille de cocktails. Le Negroni en est le plus connu, mais le Boulevardier remplace le gin par du whisky, le Cardinale par du vermouth dry, l’Old Pal combine les deux idées, et le Mezcal Negroni lui donne un profil fumé.

En version plus légère : le Campari Spritz, le Campari tonic, la Bicicletta au vin blanc et le Garibaldi au jus d’orange. Et pour un apéritif sans alcool construit sur la même amertume, il y a le Negroni sans alcool.

L’aperitivo à l’italienne

Le Sbagliato appartient au rituel de l’aperitivo, ce moment de fin de journée où l’on boit un verre amer et pétillant accompagné de quelque chose à manger. Ce n’est pas une catégorie de cocktails, c’est un format : court, amer, servi tôt, jamais seul dans son coin.

Le répertoire italien classique tourne autour de trois familles. Les spritz d’abord, avec l’Aperol Spritz, le Spritz Veneziano, le Hugo au sureau et le Italicus Spritz. Les cocktails au prosecco ensuite, tous nés à Venise : le Bellini à la pêche blanche, le Rossini à la fraise, le Puccini à la mandarine, le Tintoretto à la grenade. Les amers enfin, du Americano au Milano-Torino. Et pour finir un repas, le Sgroppino au citron reste imbattable. Le répertoire complet est sur le hub cocktails, et les décryptages techniques dans le labo.

À boire aussi

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un Negroni et un Negroni Sbagliato ?

Une seule variable : le Negroni est fait de Campari, de vermouth rouge et de gin à parts égales ; le Sbagliato remplace le gin par du prosecco. Il n'y a donc pas une goutte de gin dans un Sbagliato, contrairement à ce qu'affirme un des sites les mieux classés du web français, qui le range en « cocktail au gin ». Conséquence directe : on passe d'environ 24 à 28 % vol. à environ 11 à 13 % vol.

Pourquoi le Negroni Sbagliato s'appelle-t-il « sbagliato » ?

Parce que sbagliato veut dire « raté » ou « erroné » en italien. Le nom vient de l'histoire de sa création : un barman milanais aurait attrapé une bouteille de vin pétillant au lieu de la bouteille de gin en préparant un Negroni, en plein service. Le client a trouvé ça bon, le cocktail est resté, et il a gardé le nom de l'erreur qui l'a produit.

Quel vermouth rouge pour un Negroni Sbagliato ?

Un vermouth rouge, aussi appelé rosso ou sweet : sucré, épicé, avec des notes de vanille et d'écorces amères, titrant entre 14,5 et 18 % vol. Un vermouth d'entrée de gamme suffit ici, parce que le Campari domine largement ; un vermouth plus riche donne un verre plus rond et plus profond. Ce qu'il ne faut pas prendre, c'est un vermouth blanc ou dry, qui n'a pas le sucre nécessaire pour tenir face au Campari.

Quelle différence entre le vermouth et le Martini ?

Aucune de nature : Martini est une marque italienne qui produit du vermouth, au même titre que Cinzano, Carpano, Punt e Mes ou Dolin. Le vermouth est la catégorie, un vin aromatisé aux plantes dont l'armoise, muté à l'alcool. Dire « je mets du Martini » revient à dire « je mets du vermouth de la marque Martini » ; la confusion vient simplement de la domination commerciale de cette marque en France.

Par quoi remplacer le vermouth rouge ?

Par un autre vermouth rouge, tout simplement, ou par un vin quinquina type Byrrh ou Dubonnet, plus sucré, en réduisant légèrement la dose. En revanche, l'Aperol n'est pas un substitut du vermouth : c'est un amer orangé, il remplacerait le Campari, jamais le vin aromatisé. Une fois ouverte, une bouteille de vermouth se garde au réfrigérateur et se finit en un à deux mois, parce que c'est du vin et que ça s'oxyde.

Quelle est la composition du Campari ?

C'est un amer italien créé à Novare au 19e siècle, obtenu par infusion d'herbes, de plantes et d'écorces, dont l'orange amère, dans de l'alcool et de l'eau, puis sucré. La recette exacte est un secret industriel jamais publié. Il titre généralement 25 % vol. en France, et sa couleur rouge, longtemps obtenue à partir de carmin de cochenille, provient aujourd'hui d'un colorant de substitution.

Quel verre pour un Negroni Sbagliato ?

Un tumbler ou un verre old fashioned pour la recette courte à parts égales, rempli de gros glaçons. Si tu passes à la version longue, avec 6 cl de prosecco au lieu de 3, change de verre : un verre à vin ou une grande coupe, pour que les bulles aient de la place. Servi dans un tumbler, ce ratio déborde et le cocktail meurt en quelques minutes.

Quel est le degré d'alcool d'un Negroni Sbagliato ?

Environ 11 à 13 % vol. sur un verre servi d'environ 12 cl, glace fondue comprise. Le calcul : 3 cl de Campari à 25 % vol., 3 cl de vermouth rouge à 15-18 % vol. et 3 cl de prosecco à 11 % vol. font environ 1,6 cl d'alcool pur, soit près de 1,3 unité. Un Negroni classique, avec 3 cl de gin à 40 % à la place du prosecco, monte à environ 24 à 28 % vol.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération. La vente d'alcool aux mineurs est interdite.

Rédigé et vérifié par l'équipe du Barman Vous Déteste — mis à jour le 4 août 2026.

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