
🔄 Pas le bon ingrédient ? Les substitutions qui marchent
| Aperol | → Campari (plus amer et plus fort) ou liqueur de sureau (version Hugo/St-Germain) |
| Prosecco | → Crémant brut ou cava brut — jamais de demi-sec |
| Eau gazeuse | → Eau de Seltz ou tonic très sec |
Un spritz, c’est 9 cl de prosecco, 6 cl d’Aperol et 3 cl d’eau gazeuse, versés dans cet ordre sur un verre ballon rempli de glaçons — le fameux ratio 3-2-1 de la recette officielle. Pas de shaker, pas de matériel, juste des doses respectées et des ingrédients froids. On te détaille la méthode, les variantes (Campari, Hugo, limoncello), la version sans alcool et les quantités pour 20 personnes.
Les ingrédients et les doses exactes
La composition du spritz tient en trois ingrédients, et les doses ne se négocient pas au pif :
- Prosecco : 9 cl — un brut, servi très frais. Pas un mousseux demi-sec qui va sucrer le verre pour rien.
- Aperol : 6 cl — l’amer orange italien qui donne la couleur et l’amertume douce.
- Eau gazeuse : 3 cl — neutre (type Perrier ou San Pellegrino), surtout pas de limonade.
- Garniture : une demi-tranche d’orange et des glaçons en quantité.
Retiens le ratio 3-2-1 : 3 parts de prosecco, 2 parts d’Aperol, 1 part d’eau gazeuse. Ce déséquilibre n’est pas décoratif : l’Aperol ne titre que 11 % et il est très sucré. À parts égales avec le prosecco, ton spritz devient un sirop orange ; avec le 3-2-1, le verre reste sec, amer et frais du début à la fin. C’est la dose retenue par l’IBA, et c’est celle que servent les bars vénitiens. Si tu bosses avec un jigger gradué en oz ou une recette en ml, passe par notre convertisseur cl / ml / oz pour ne pas doser au hasard.
Quel prosecco choisir ?
Un prosecco DOC brut, entre 6 et 10 €. Regarde deux mentions sur l’étiquette : « DOC » (ou « DOCG », l’appellation supérieure, inutile ici) et surtout « brut », qui garantit un vin sec. Un « extra dry » — piège d’étiquette : c’est PLUS sucré qu’un brut — passe encore ; un « dry » ou un demi-sec, non. Inutile de monter en gamme : dans un spritz, les arômes fins d’un grand prosecco disparaissent derrière l’Aperol. Garde ton budget pour la glace et les oranges.
Quelle eau gazeuse ?
Une eau fortement pétillante et neutre en goût : Perrier, San Pellegrino, Badoit rouge ou une eau de Seltz au siphon. Son rôle est purement mécanique — allonger le verre et relancer les bulles — donc pas d’eau aromatisée, pas de tonic sucré, et encore moins de limonade. Certains bars italiens la remplacent par un simple trait de soda water au pistolet : même logique, même dose de 3 cl.
Comment faire un spritz : la méthode pas à pas
- Remplis un verre ballon (ou un grand tumbler) de glaçons à ras bord. Pas trois glaçons qui flottent : à ras bord.
- Verse d’abord les 9 cl de prosecco bien froid sur la glace.
- Ajoute les 6 cl d’Aperol. Plus dense, il descend tout seul dans le verre et commence à se mélanger sans que tu touches à rien.
- Complète avec 3 cl d’eau gazeuse.
- Donne un seul tour de cuillère, de bas en haut, pour homogénéiser.
- Glisse une demi-tranche d’orange dans le verre et sers immédiatement.
L’ordre de versage n’est pas un caprice de barman : si tu mets l’Aperol en premier, il stagne au fond du verre et tu dois touiller comme un forcené pour le décoller — et chaque coup de cuillère tue les bulles du prosecco. Prosecco d’abord, Aperol ensuite : la gravité fait le mélange à ta place.
▶Arrête de chercher un prosecco cher : un DOC brut à 6-8 € fait parfaitement le job, parce que l’Aperol écrase de toute façon les subtilités d’un mousseux haut de gamme. En revanche, sois intraitable sur deux points. Un : le prosecco sort du frigo, minimum 3 heures à 4 °C — une bouteille tiède mousse à mort au versage et perd son gaz dans le verre. Deux : le verre est plein de glaçons à ras bord. C’est contre-intuitif, mais plus il y a de glace, moins elle fond vite : un spritz monté sur trois glaçons est tiède et noyé en cinq minutes, un spritz sur un verre plein de glace tient tout l’apéro.
Quel degré d’alcool dans un spritz ?
Un spritz tourne autour de 8 % vol. Le calcul est simple : le prosecco titre environ 11 %, l’Aperol exactement 11 %, et les 3 cl d’eau gazeuse plus la fonte des glaçons diluent l’ensemble sous la barre d’un verre de vin (12-13 %). C’est ce qui en fait un cocktail d’apéritif — mais ne te raconte pas d’histoire : un grand verre de 18 cl à 8 % représente environ une unité d’alcool, soit l’équivalent d’un demi de bière. Tu veux le chiffre exact selon tes doses ou ta variante ? Passe-les dans notre calculateur de degré d’alcool. Côté calories, compte environ 140 kcal le verre, essentiellement portées par le sucre de l’Aperol.
Les variantes du spritz
Campari spritz
Même construction 3-2-1, mais le Campari (25 % vol) remplace l’Aperol. Résultat : un verre nettement plus amer, moins sucré et plus fort — le spritz des gens qui trouvent l’Aperol trop gentil. Si tu débutes dans l’amertume, commence avec 4 cl de Campari au lieu de 6, puis monte progressivement. C’est aussi la version la plus proche du spritz vénitien historique, souvent servi avec une olive plutôt qu’une tranche d’orange.
Hugo spritz
Le Hugo troque l’amer contre la fleur de sureau : prosecco, sirop ou liqueur de sureau, eau gazeuse, menthe fraîche et citron vert. Plus floral, plus léger en bouche, zéro amertume — c’est la porte d’entrée idéale pour ceux qui grimacent sur l’Aperol. La recette complète et les doses exactes sont dans notre fiche Hugo spritz.
Limoncello spritz
Le limoncello remplace l’Aperol, et le verre devient citronné, rond et franchement sucré — presque un dessert d’apéro. On descend généralement la dose de liqueur à 4-5 cl pour éviter l’écœurement. Doses précises et méthode dans la fiche limoncello spritz.
St-Germain spritz
Avec 4 cl de liqueur de sureau St-Germain à la place de l’Aperol : plus rond, des notes de poire et de litchi, une amertume quasi nulle. Même verre, même construction, même règle de la glace à ras bord.
Spritz sans alcool : la version qui tient la route
Le piège du spritz sans alcool, c’est de finir avec un soda orange. Ce qui fait le spritz, c’est l’amertume — c’est donc elle qu’il faut reconstruire. La combinaison qui marche : 6 cl d’un apéritif amer sans alcool (les bitters italiens sans alcool se trouvent désormais en grande surface), 9 cl de mousseux sans alcool brut ou de tonic bien sec, 3 cl d’eau gazeuse, le tout sur un verre plein de glace avec une demi-tranche d’orange. Évite les jus de fruits et les limonades : ils ajoutent du sucre là où il faut de l’amer. Monté comme ça, le verre a la couleur, la longueur et la mâche d’un vrai spritz.
Spritz pour 20 personnes : les quantités
Pour 20 spritz au ratio 3-2-1, il te faut : 1,8 L de prosecco (3 bouteilles de 75 cl, il restera un fond), 1,2 L d’Aperol (2 bouteilles de 70 cl, quasiment pile) et 60 cl d’eau gazeuse (une grande bouteille). Prévois aussi 2 à 3 kg de glaçons — c’est toujours le premier truc qui manque. Règle d’or du service en nombre : tu peux garder l’Aperol et l’eau gazeuse au frais à l’avance, mais le montage se fait verre par verre, au moment de servir. Un spritz batché en saladier ou en pichet perd ses bulles en vingt minutes et finit plat. Pour ajuster ces quantités à ton nombre exact d’invités (10, 30, 50 personnes), utilise notre calculateur de cocktail pour groupe.
Les erreurs qui ruinent ton spritz
| L’erreur | La correction |
|---|---|
| Prosecco à température ambiante | Minimum 3 h au frigo : les bulles tiennent, le verre reste froid, la glace fond moins. |
| Verser l’Aperol en premier | Prosecco d’abord. L’Aperol, plus dense, descend et se mélange tout seul — zéro touillage destructeur de bulles. |
| Trois glaçons perdus dans le verre | Glace à ras bord : plus il y a de glace, moins elle fond, moins ton spritz est noyé. |
| Limonade à la place de l’eau gazeuse | Eau gazeuse neutre uniquement. L’Aperol apporte déjà largement assez de sucre. |
| Touiller dix secondes « pour bien mélanger » | Un seul tour de cuillère. Chaque tour supplémentaire dégaze le prosecco. |
| Un mousseux demi-sec « parce que c’était en promo » | Un brut, obligatoirement : le sucre du vin plus le sucre de l’Aperol, c’est le sirop assuré. |
D’où vient le spritz ?
Le spritz est né en Vénétie au XIXe siècle, sous domination autrichienne : soldats et fonctionnaires de l’empire trouvaient les vins vénitiens trop costauds et demandaient à les allonger d’eau — « spritzen » signifie « asperger » en allemand. Le nom est resté quand l’eau plate est devenue eau gazeuse, puis quand les bars italiens ont ajouté un amer local au début du XXe siècle. La version à l’Aperol — créé à Padoue en 1919 par les frères Barbieri — s’impose progressivement en Italie du Nord avant de conquérir les terrasses du monde entier dans les années 2000, à coups de campagnes marketing très efficaces. Le spritz figure aujourd’hui à la liste officielle des cocktails IBA, catégorie Contemporary Classics.
À boire aussi
Questions fréquentes
Quelle eau gazeuse pour faire un spritz ?
Une eau gazeuse neutre et bien pétillante : Perrier, San Pellegrino ou une eau de Seltz. Évite les limonades et les tonics aromatisés — l'Aperol apporte déjà tout le sucre nécessaire, l'eau gazeuse n'est là que pour les bulles et l'allongement.
Comment remplacer le prosecco ?
Par n'importe quel vin effervescent brut et sec : un crémant de Loire, d'Alsace ou de Bourgogne est le meilleur rapport qualité-prix, un cava brut fonctionne aussi. Le champagne marche mais c'est du gâchis, l'Aperol masque ses arômes fins. Le seul interdit : les mousseux demi-secs, trop sucrés.
Quelle différence entre Aperol et Campari ?
Deux amers italiens, deux profils. L'Aperol titre 11 %, joue l'orange douce et une amertume légère ; le Campari titre 25 % et assume une amertume franche, presque médicinale. Dans un spritz, l'Aperol donne un verre facile et sucré, le Campari un verre sec et corsé.
Quel verre pour l'Aperol Spritz ?
Un verre à vin ballon, assez grand pour contenir beaucoup de glace, les 18 cl de liquide et la tranche d'orange. À défaut, un grand tumbler fait l'affaire. Évite la flûte : trop étroite pour la glace, elle réchauffe le cocktail en quelques minutes.
Quel degré d'alcool dans un spritz ?
Environ 8 % vol une fois monté avec l'eau gazeuse et la glace, soit un peu moins qu'un verre de vin. Ça reste une vraie dose d'alcool : un grand spritz de 18 cl représente à peu près une unité d'alcool, l'équivalent d'un demi de bière.
Quel est le goût du spritz ?
Un équilibre entre l'amertume orangée de l'Aperol, le sec et les bulles du prosecco, et la fraîcheur de l'eau gazeuse. C'est amer-doux, léger en bouche, avec une finale d'écorce d'orange — ni un soda, ni un vin, quelque part entre les deux.
Quel vin pour faire un spritz ?
Un prosecco DOC brut, c'est la base historique et le meilleur choix. À défaut, tout effervescent sec fonctionne : crémant, cava brut. Le seul critère non négociable, c'est la mention « brut » — un vin demi-sec rendrait le cocktail écœurant une fois combiné au sucre de l'Aperol.
Rédigé et vérifié par l'équipe du Barman Vous Déteste — mis à jour le 3 août 2026.

