Lait de poule (eggnog) : la vraie recette, et celle que tout le monde confond avec

🌡 ~7° le verre fini🔥 330 kcal⏱ 20 min💪 moyen🥃 Verre tasse ou petit verre à punch (15-20 cl)💶 ~1,30 € le verre
Les ingrédients, ajustés pour toi
1 personne
Lait entier10 cl
Crème liquide entière (30 % de matière grasse)3 cl
Jaune d'œuf (extra-frais)1 jaune
Sucre (sucre en poudre ou sucre de canne blond)15 g
Rhum ambré (ou bourbon, ou cognac)3 cl
Noix de muscade (noix entière, râpée minute)1 râpée
🔄 Pas le bon ingrédient ? Les substitutions qui marchent
Rhum ambré→ Bourbon, cognac ou brandy, même dose (3 cl)
Crème liquide entière→ 3 cl de lait entier supplémentaire, texture plus légère
Sucre en poudre→ 1,5 cl de sirop de sucre, ajouté hors du feu
Lait et crème de vache→ Lait de coco, pour une version proche du coquito

Un lait de poule, c’est 10 cl de lait entier, 3 cl de crème liquide entière, 1 jaune d’œuf, 15 g de sucre et 3 cl de rhum ambré, cuits ensemble à la nappe (82-83 °C) puis refroidis. En anglais on l’appelle eggnog. Attention quand même : deux boissons complètement différentes portent le nom « lait de poule » en français, et personne ne prend la peine de faire le tri. On commence par là.

Lait de poule ou eggnog : ce n’est pas la même boisson

Quand un Français dit « lait de poule », il peut parler de deux choses. La première, c’est le remède de grand-mère : un jaune d’œuf battu avec du sucre, allongé de lait chaud, parfois d’un peu de miel. Pas d’alcool, pas de crème, pas d’épices. C’est ce qu’on servait aux enfants enrhumés dans les années 1950, et c’est encore la version que beaucoup de gens ont en tête.

La seconde, c’est l’eggnog américain : jaunes d’œufs, sucre, lait, crème, muscade et un alcool brun (rhum, bourbon, cognac). Une boisson de fêtes, servie froide en carafe autour de Noël et du Nouvel An. C’est un dessert liquide alcoolisé, pas une tisane.

Les deux partagent une base — jaune d’œuf plus lait — et le français a fini par appeler les deux pareil. La recette détaillée ci-dessous est celle de l’eggnog, la version cocktail. La version française sans alcool a son propre paragraphe plus bas, avec ses doses. Comme ça, tu sais ce que tu prépares avant d’ouvrir le frigo.

La recette du lait de poule (eggnog), étape par étape

Il te faut une casserole à fond épais, un fouet, un thermomètre de cuisine (ou un bon coup d’œil), une passoire fine et une carafe. Compte 20 minutes de travail, puis au minimum 6 heures de repos au frais — une nuit, c’est mieux. Les doses ci-dessous sont pour une personne ; le tableau de conversion pour 10 ou 20 arrive plus loin.

  1. Fouette 1 jaune d’œuf avec 15 g de sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse et fasse un ruban en retombant du fouet.
  2. Chauffe 10 cl de lait entier et 3 cl de crème liquide entière dans une casserole, jusqu’aux premiers frémissements. Ne fais pas bouillir : le lait qui bout prend un goût de lait cuit qui ne part plus.
  3. Verse un tiers du lait chaud en filet sur le jaune sucré, en fouettant sans arrêt. C’est le tempérage : il monte la température du jaune progressivement au lieu de le cuire d’un coup.
  4. Reverse le tout dans la casserole et remets sur feu doux, en remuant en huit avec une spatule.
  5. Arrête la cuisson à 82-83 °C, quand la crème nappe la spatule : tu traces un trait avec le doigt sur le dos de la spatule, le trait doit rester net. Au-delà de 85 °C, les jaunes coagulent et tu obtiens des grumeaux.
  6. Passe immédiatement à la passoire fine dans un récipient froid pour stopper la cuisson et retenir les éventuels grumeaux.
  7. Laisse tiédir, puis ajoute 3 cl de rhum ambré hors du feu. L’alcool versé dans une préparation brûlante s’évapore en partie et perd ses arômes.
  8. Filme au contact, place au frais 6 heures minimum. Sers dans une tasse ou un petit verre, avec de la noix de muscade râpée minute par-dessus.
Lait de poule (eggnog) : la vraie recette, et celle que tout le monde confond avec en vidéo
🥃 Le conseil du barman

La vraie ligne de partage entre un eggnog de bar et un eggnog raté, c’est le thermomètre. Les recettes anglo-saxonnes historiques montent les jaunes crus, sans cuisson — nous, on cuit à la nappe à 82-83 °C, pour deux raisons. D’abord la texture : à cette température les jaunes épaississent sans coaguler, tu obtiens une crème anglaise soyeuse au lieu d’un lait aux grumeaux. Ensuite parce que le jaune cru pose une vraie question de sécurité alimentaire, en particulier pour les femmes enceintes, les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes immunodéprimées. Deuxième point, le repos : un eggnog bu le soir même est plat et alcoolisé au nez. Après une nuit au frais, les épices se diffusent, le rhum s’intègre, la texture s’épaissit. Les vieilles maisons américaines laissaient reposer leur batch plusieurs semaines. Troisième point, la muscade : râpée minute au-dessus du verre, jamais en poudre. La muscade moulue perd ses huiles en quelques mois et donne ce goût de poussière que tout le monde connaît sans savoir d’où il vient.

Quel alcool mettre dans un lait de poule ?

Un alcool brun, autour de 40 %, dosé à 3 cl par portion. Les quatre candidats classiques, et ce que chacun fait au résultat :

Alcool Ce que ça donne Pour qui
Rhum ambré ou vieux Vanille, canne cuite, un peu de bois. C’est le choix historique de l’eggnog des Caraïbes et le plus consensuel. Le réglage par défaut, celui de cette fiche.
Bourbon Maïs, caramel, une pointe de vanille du fût neuf. Plus rond, un peu plus sucré en attaque. La version américaine moderne, la plus servie aux États-Unis.
Cognac / brandy Fruits secs, pruneau, notes de raisin. Plus élégant, plus « dessert de fin de repas ». La version historique européenne, la plus fine des quatre.
Rhum blanc ou vodka Apporte le degré mais aucun arôme. Le lait prend le dessus, la boisson est plate. À éviter : ce sont les seuls qui n’apportent rien.

Beaucoup de recettes américaines mélangent deux alcools — rhum ambré et bourbon, ou cognac et rhum, moitié-moitié. Ça marche très bien et ça donne de la complexité sans changer les proportions : 1,5 cl de chaque au lieu de 3 cl d’un seul. Si tu ouvres une bouteille de rhum ambré pour l’occasion, elle te servira aussi pour un punch au rhum ou un rhum arrangé vanille, deux voisins directs côté épices.

La version française traditionnelle, sans alcool

La recette de grand-mère tient en trois lignes : bats 1 jaune d’œuf avec 1 cuillère à café de sucre jusqu’à ce qu’il blanchisse, verse 15 cl de lait chaud (pas bouillant) en filet dessus en fouettant, et bois tiède. Certains ajoutent une cuillère de miel, une pointe de vanille ou une râpe de muscade. Pas de crème, pas d’alcool, pas de repos au frais.

C’est une boisson lactée sucrée : du lait, un jaune d’œuf, du sucre. On la décrit pour ce qu’elle est, sans lui prêter de vertu particulière. Si tu la prépares pour quelqu’un, la même règle de cuisson s’applique : un jaune simplement tiédi par le lait reste un jaune cru, avec les précautions qui vont avec pour les publics fragiles. La version cuite à la nappe, sans alcool, est plus sûre et plus agréable en bouche.

Et pour ceux qui cherchent la version robot ménager : oui, le lait de poule au Thermomix existe, en cuisson programmée à 80 °C. Ça fonctionne, c’est même plutôt pratique pour la régularité de température. Ce n’est juste pas notre rayon — au bar, on a une casserole et un thermomètre.

Chaud ou froid ?

Froid. L’eggnog américain, celui de cette fiche, se sert froid ou très frais, entre 4 et 8 °C, dans une petite tasse ou un verre à punch. C’est une crème : servie chaude, elle devient écœurante et l’alcool ressort au nez.

La version française de grand-mère, elle, se boit tiède — c’est même tout l’intérêt. Et il existe une troisième voie : le Tom and Jerry, l’eggnog chaud servi avec des blancs montés en neige, une institution des bars américains du XIXe siècle. Si tu cherches vraiment une boisson chaude et alcoolisée pour l’hiver, regarde plutôt du côté du grog, du vin chaud ou de l’Irish coffee.

Les erreurs qui ruinent ton lait de poule

L’erreur La correction
Verser le lait chaud d’un coup sur les jaunes Tempérage obligatoire : un tiers du lait en filet, au fouet, puis on reverse. Sinon les jaunes coagulent instantanément.
Faire bouillir le lait Premiers frémissements, pas plus. Le lait bouilli prend un goût de lait cuit qui écrase la muscade et la vanille.
Cuire au-delà de 85 °C Arrêt à 82-83 °C, quand la crème nappe. Au-delà, grumeaux garantis — et une passoire ne les rattrape qu’à moitié.
Ajouter l’alcool dans la casserole chaude Hors du feu, une fois la préparation tiédie. À chaud, une partie des arômes du rhum part en fumée.
Muscade en poudre du fond du placard Noix entière, râpée au-dessus du verre au moment de servir.
Servir tout de suite 6 heures au frais minimum, une nuit de préférence. C’est le repos qui lie le tout.
Doubler le sucre « pour Noël » 15 g par portion suffisent : la crème et le lait apportent déjà beaucoup de rondeur.

Lait de poule pour 10 ou 20 personnes

C’est une boisson de tablée : la préparer en carafe est le mode normal, pas une adaptation. Tu peux tout faire la veille, c’est même conseillé.

Ingrédient 1 personne 10 personnes 20 personnes
Lait entier 10 cl 1 L 2 L
Crème liquide entière 3 cl 30 cl 60 cl
Jaunes d’œufs 1 10 20
Sucre 15 g 150 g 300 g
Rhum ambré 3 cl 30 cl 60 cl
Noix de muscade 1 râpée 1 noix entière 2 noix entières

Sur ces volumes, la cuisson demande une grande casserole et de la patience : le lait met plus longtemps à monter, et il faut remuer en continu pour que rien n’accroche au fond. Conservation : 3 jours au réfrigérateur dans une bouteille fermée pour la version alcoolisée, à secouer avant de servir parce qu’elle se sépare légèrement. La version sans alcool se garde 24 heures, pas plus. Pour calibrer tes courses selon le nombre exact d’invités, passe par le calculateur de punch, et par le convertisseur cl / ml / oz si ta recette source est américaine et parle en cups.

Combien ça titre, et combien ça pèse

Chiffres bruts : avec 3 cl de rhum ambré à 40 % dans une portion servie d’environ 16,5 cl, tu obtiens 1,2 cl d’alcool pur, soit environ 7 % vol. C’est le degré d’une bière forte, dans une boisson au goût de crème vanillée qui ne fait pas du tout sentir l’alcool. C’est exactement ce qui rend le format trompeur en fin de repas.

Côté calories, c’est la boisson la plus lourde du site : environ 330 kcal la portion (lait 65, crème 90, jaune 55, sucre 60, rhum 65). Un eggnog, c’est un dessert. Pour recalculer précisément selon ton alcool et tes doses, il y a le calculateur de degré d’alcool et le calculateur de calories.

Les variantes

Lait de poule banane : une demi-banane bien mûre mixée avec la crème anglaise refroidie. Ça épaissit beaucoup — allonge d’un trait de lait supplémentaire.

Version café : remplace 3 cl de lait par 3 cl d’espresso froid. Le café tranche la richesse de la crème, c’est la variante la plus réussie du lot.

Version chocolat : 10 g de chocolat noir fondu dans le lait chaud avant le tempérage. Réduis alors le sucre à 10 g.

Version coco : lait de coco à la place du lait et de la crème, rhum ambré conservé — c’est le principe du coquito portoricain, et le cousin du punch coco antillais.

Version glacée : la même préparation passée en sorbetière donne une crème glacée au rhum. Rien à changer aux doses.

Et si tu cherches l’autre grande boisson de fêtes qui se prépare en batch la veille, c’est la soupe champenoise — même logique de tablée, profil exactement inverse.

D’où vient le lait de poule ?

L’ancêtre est le posset médiéval anglais : du lait chaud caillé par du vin ou de la bière, épicé, consommé du XIVe au XVIIe siècle. Avec l’arrivée des œufs, du sucre et surtout du sherry dans les maisons aisées, le posset devient une boisson de fête. Les colons anglais l’emportent en Amérique du Nord, où le sherry, cher et taxé, est remplacé par le rhum des Caraïbes — beaucoup plus accessible. Le mot eggnog apparaît dans les sources américaines à la fin du XVIIIe siècle ; son étymologie exacte reste discutée, le nog désignant probablement une bière forte anglaise ou le petit pot de bois dans lequel on la servait. Côté français, l’expression « lait de poule » est plus terre à terre : elle vient tout simplement du jaune d’œuf battu dans du lait, sans autre mystère.

À boire aussi

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le lait de poule ?

Deux boissons différentes portent ce nom en français. La version française traditionnelle est un jaune d'œuf battu avec du sucre et allongé de lait chaud, sans alcool. La version cocktail, appelée eggnog en anglais, ajoute de la crème, de la muscade et un alcool brun (rhum, bourbon ou cognac) : c'est une crème anglaise alcoolisée servie froide autour des fêtes de fin d'année.

Quel alcool met-on dans le lait de poule ?

Un alcool brun à environ 40 %, dosé à 3 cl par portion : rhum ambré ou vieux (le choix historique), bourbon (la version américaine moderne) ou cognac/brandy (la version européenne, plus fine). Beaucoup de recettes en mélangent deux, moitié-moitié. Le rhum blanc et la vodka apportent le degré mais aucun arôme : ils donnent une boisson plate.

Comment faire du lait de poule ?

Fouette 1 jaune d'œuf avec 15 g de sucre, chauffe 10 cl de lait entier et 3 cl de crème jusqu'aux frémissements, verse un tiers du liquide chaud en filet sur le jaune en fouettant, reverse en casserole et cuis à la nappe jusqu'à 82-83 °C. Passe à la passoire, laisse tiédir, ajoute 3 cl de rhum ambré hors du feu, puis réserve au frais 6 heures. Sers avec de la muscade râpée minute.

Pourquoi ça s'appelle « lait de poule » ?

Parce que la recette d'origine se résume à un jaune d'œuf — donc de poule — battu dans du lait. L'expression française est purement descriptive. Le nom anglais eggnog est plus incertain : egg pour l'œuf, et nog qui désignerait soit une bière forte anglaise, soit le petit pot de bois dans lequel on la servait.

Où acheter du lait de poule tout prêt ?

En France, on en trouve principalement au rayon fêtes des grandes surfaces en novembre-décembre, dans les épiceries spécialisées en produits britanniques ou américains, et parfois au rayon crémerie sous le nom eggnog. Les versions industrielles sont souvent beaucoup plus sucrées et faiblement alcoolisées que la recette maison, quand elles ne sont pas sans alcool du tout.

Quel goût a le lait de poule ?

Celui d'une crème anglaise à la muscade : lacté, sucré, épais en bouche, avec une longueur vanillée apportée par l'alcool brun. La muscade domine au nez, le rhum arrive en fin de bouche. La texture est nettement plus épaisse que celle d'un lait ordinaire, sans aller jusqu'à la crème dessert.

Le lait de poule se boit-il chaud ou froid ?

L'eggnog, la version cocktail, se boit froid, entre 4 et 8 °C : servi chaud, il devient écœurant et l'alcool ressort au nez. La version française de grand-mère, elle, se boit tiède. Il existe aussi une variante chaude historique, le Tom and Jerry, servie avec des blancs montés en neige.

Combien de temps se conserve un lait de poule maison ?

Trois jours au réfrigérateur pour la version alcoolisée et cuite, dans une bouteille fermée, à secouer avant de servir car la préparation se sépare légèrement. La version sans alcool tient 24 heures au maximum. Dans les deux cas, la cuisson à la nappe à 82-83 °C est ce qui permet cette conservation : une préparation aux jaunes crus ne se garde pas.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération. La vente d'alcool aux mineurs est interdite.

Rédigé et vérifié par l'équipe du Barman Vous Déteste — mis à jour le 4 août 2026.

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