Whisky sour : la recette et la technique pour une vraie mousse

★ Recette officielle IBA🌡 ~14° le verre fini🔥 160 kcal⏱ 5 min💪 moyenne🥃 Verre old fashioned💶 ~1,80 € le verre
Les ingrédients, ajustés pour toi
1 personne
Bourbon4.5 cl
Jus de citron jaune fraîchement pressé3 cl
Sirop de sucre1.5 cl
Blanc d'œuf (optionnel — remplaçable par 2 cl d'aquafaba)2 cl
Angostura (optionnel, déposés sur la mousse)2 traits
🔄 Pas le bon ingrédient ? Les substitutions qui marchent
Blanc d'œuf→ Aquafaba (jus de pois chiches), 2 cl, même dry shake — mousse quasi identique
Bourbon→ Rye pour un sour plus sec et épicé, scotch blended non tourbé à défaut
Angostura→ Autre bitter aromatique, ou pincée de cannelle râpée sur la mousse

Un whisky sour (ou whiskey sour, si tu le fais au bourbon), c’est 4,5 cl de bourbon, 3 cl de jus de citron fraîchement pressé, 1,5 cl de sirop de sucre et, pour la vraie version, 2 cl de blanc d’œuf — le tout shaké deux fois : d’abord sans glace, puis avec. Ce double shake, le « dry shake », c’est le secret de la mousse dense et soyeuse qui fait tout le cocktail. On te montre exactement comment l’obtenir, et comment la réussir même sans œuf.

Les ingrédients et les doses exactes

Les doses officielles IBA, à respecter au jigger :

  • Bourbon : 4,5 cl — sa rondeur vanillée est faite pour ce cocktail (on compare avec le scotch juste après).
  • Jus de citron jaune : 3 cl — pressé dans les heures qui précèdent, jamais en bouteille.
  • Sirop de sucre : 1,5 cl — un simple sirop 1:1 (autant de sucre que d’eau) ou du sirop de canne.
  • Blanc d’œuf : environ 2 cl (un demi-blanc) — optionnel, mais c’est lui qui fait la mousse.
  • Angostura : 2 traits — optionnel, en déco aromatique sur la mousse.

Retiens la structure, elle vaut pour toute la famille des sours : 3 parts d’alcool, 2 parts d’acide, 1 part de sucre. C’est le squelette du daiquiri (au rhum) et de la margarita (à la tequila). Une fois ce ratio en tête, tu sais improviser un sour avec n’importe quelle bouteille. Recette américaine en oz sous les yeux ? Notre convertisseur cl / ml / oz traduit sans erreur d’arrondi.

Quel whisky pour un whisky sour ?

Le débat bourbon / scotch / rye, tranché une fois pour toutes :

Le bourbon est le choix par défaut, et pour une bonne raison : distillé à base de maïs, il est naturellement rond et vanillé, ce qui arrondit l’acidité du citron au lieu de la combattre. Un Buffalo Trace, un Four Roses ou un Maker’s Mark (25-35 €) sont parfaits — inutile de monter plus haut, le citron nivelle les subtilités. Le rye (seigle) donne un sour plus sec et épicé, moins « dessert » : excellent si tu trouves le bourbon trop gentil. Le scotch fonctionne, mais choisis un blended doux et non tourbé — un single malt fumé écrase le citron et transforme ton sour en cendrier acidulé. En résumé : bourbon pour commencer, rye pour affiner, tourbe interdite.

La méthode : dry shake puis shake

  1. Verse dans le shaker le bourbon (4,5 cl), le jus de citron (3 cl), le sirop (1,5 cl) et le blanc d’œuf (2 cl). Sans glace.
  2. Ferme et shake à sec 15 secondes, fort. C’est le « dry shake » : sans glace, les protéines de l’œuf s’émulsionnent librement et montent en mousse.
  3. Ouvre, ajoute la glace, referme et shake à nouveau 12 à 15 secondes pour refroidir et diluer.
  4. Double filtrage : verse à travers la passoire du shaker PLUS un petit tamis fin, dans un verre old fashioned avec de la glace fraîche (ou une coupe sans glace, version « up »).
  5. Laisse la mousse se former 30 secondes, puis dépose 2 traits d’Angostura dessus — tu peux les étirer en motif avec un cure-dent.

Pourquoi deux shakes ? La glace est l’ennemie de la mousse au moment de l’émulsion : le froid fige les protéines avant qu’elles n’aient enfermé l’air. En shakant d’abord à sec, tu montes la mousse ; en shakant ensuite avec glace, tu refroidis sans la détruire. Il existe aussi le « reverse dry shake » — glace d’abord, puis shake à sec après filtrage — qui donne une mousse encore plus épaisse et stable : teste les deux, la différence est réelle mais les deux écrasent largement le shake unique. Le double filtrage, lui, retient les paillettes de glace et les filaments d’œuf : c’est lui qui rend la mousse lisse comme un miroir.

Le blanc d’œuf : obligatoire, remplaçable, risqué ?

Obligatoire ? Non — la version IBA le note « optionnel », et un whisky sour sans œuf reste un excellent cocktail, juste plus vif et moins texturé. Historiquement, la version avec œuf s’appelle d’ailleurs le Boston Sour.

Remplaçable ? Oui, et très bien : par l’aquafaba, le jus de cuisson des pois chiches. Dose 2 cl, exactement comme le blanc d’œuf, même dry shake. Les protéines de légumineuses moussent quasiment à l’identique, le goût est neutre une fois shaké, et la boîte de pois chiches coûte 60 centimes. C’est la solution végane et la solution « flemme d’ouvrir un œuf pour 2 cl » — les deux sont respectables.

Risqué ? Le blanc d’œuf est consommé cru : prends des œufs très frais, conservés au froid, à la coquille intacte. Par précaution, les recommandations sanitaires classiques déconseillent l’œuf cru aux femmes enceintes, aux jeunes enfants et aux personnes immunodéprimées — pour ces invités, l’aquafaba règle la question sans rien sacrifier.

🥃 Le conseil du barman

Ton citron se presse à la minute, ou au pire dans la journée : le jus de citron perd son éclat en quelques heures et le jus en bouteille a un goût de bonbon chimique qui flingue le cocktail — c’est LE marqueur du sour raté, avant même la mousse. Ensuite, minute le shake au lieu de compter « à peu près » : 15 secondes à sec, 12 à 15 avec glace, un vrai shake violent qui fatigue les bras. Les mousses tristes viennent à 90 % d’un shake mou et court. Dernier détail qui sépare le bon du très bon : les traits d’Angostura sur la mousse ne sont pas là pour faire joli — tu les sens au nez à chaque gorgée, c’est l’assaisonnement final. Plus d’Angostura ? Deux gouttes d’un autre bitter aromatique, ou à défaut une micro-pincée de cannelle râpée.

Quel degré d’alcool dans un whisky sour ?

Environ 14-15 % vol dans le verre. Le calcul : 4,5 cl de bourbon à 40-45 % dilués par le citron, le sirop, le blanc d’œuf et surtout les 2-3 cl d’eau de fonte du shake — on passe de 40 % à l’équivalent d’un vin très costaud. C’est le paradoxe du sour : frais, mousseux, facile à boire, mais chaque verre embarque une vraie dose de spiritueux, l’équivalent d’environ 1,5 unité d’alcool. Pour recalculer selon ton whisky ou tes doses, passe par notre calculateur de degré d’alcool. Côté calories : environ 160 kcal, entre l’alcool et le sirop.

Les variantes du whisky sour

New York Sour

Un whisky sour classique sur lequel on fait flotter 1,5 cl de vin rouge (un syrah ou un malbec), versé sur le dos d’une cuillère. Le vin reste en couche sombre au-dessus de la mousse — visuellement spectaculaire, et le fruité du vin répond au bourbon à chaque gorgée.

Amaretto Sour

L’amaretto (liqueur d’amande, 28 %) remplace tout ou partie du whisky. La version sérieuse garde 1,5 cl de bourbon overproof à côté de 4,5 cl d’amaretto pour la colonne vertébrale, et réduit le sirop à 0,5 cl — l’amaretto est déjà très sucré.

Boston Sour

Techniquement, c’est le nom historique du whisky sour AVEC blanc d’œuf. Si un bar te vend un « Boston Sour », tu sais maintenant que tu paies la mousse.

Gin sour, pisco sour et les autres

Change la bouteille, garde le squelette 3-2-1 : gin sour (au citron jaune), pisco sour (pisco + citron vert + Angostura, la fierté nationale du Pérou et du Chili), ou encore le daiquiri, qui n’est rien d’autre qu’un rhum sour sans œuf servi up. La famille sour est le meilleur terrain d’entraînement d’un barman maison.

Les erreurs courantes

L’erreur La correction
Jus de citron en bouteille Citron pressé à la minute — le goût « bonbon chimique » du jus industriel se sent immédiatement.
Un seul shake, avec la glace Dry shake 15 s sans glace d’abord, puis shake avec glace : le froid empêche la mousse de monter.
Shake mou de 5 secondes Un shake violent et minuté : 15 s à sec + 12-15 s avec glace. Ça doit fatiguer.
Filtrage simple Double filtrage (passoire + tamis fin) pour une mousse lisse, sans paillettes ni filaments.
Œuf pas frais ou douteux Œufs très frais et réfrigérés uniquement — ou aquafaba, qui supprime la question.
Whisky tourbé « pour le caractère » Bourbon ou rye. La tourbe écrase le citron et déséquilibre tout le verre.

L’histoire du whisky sour

Le sour descend d’une pratique de marine : dès le XVIIIe siècle, les équipages coupaient leur ration de spiritueux d’agrumes — le citron contre le scorbut — et de sucre pour faire passer le tout. La formule spiritueux-citron-sucre s’installe dans les bars américains au XIXe siècle : Jerry Thomas la codifie dans son guide du barman de 1862, et la première mention imprimée du « whiskey sour » en tant que tel apparaît en 1870 dans un journal du Wisconsin. Depuis, le cocktail n’a jamais quitté les cartes, et l’IBA le classe parmi ses Unforgettables — la catégorie des monuments.

À boire aussi

Questions fréquentes

Quel whisky pour un whisky sour ?

Un bourbon : sa rondeur vanillée, issue du maïs, arrondit l'acidité du citron. Buffalo Trace, Four Roses ou Maker's Mark (25-35 €) sont parfaits. Le rye donne une version plus sèche et épicée, le scotch blended doux fonctionne aussi — mais jamais de whisky tourbé, qui écrase complètement le citron.

Pourquoi mettre du blanc d'œuf dans un cocktail ?

Pour la texture : les protéines du blanc d'œuf, émulsionnées par le shake, enferment de l'air et créent une mousse dense et soyeuse qui adoucit l'attaque du cocktail. Le blanc d'œuf n'apporte quasiment aucun goût — c'est un agent de texture, pas un arôme. La technique clé pour le faire mousser, c'est le dry shake : un premier shake sans glace.

Comment faire un whisky sour sans blanc d'œuf ?

Deux options. Sans rien : la recette fonctionne, le cocktail est simplement plus vif et sans mousse. Avec de l'aquafaba : 2 cl de jus de pois chiches en boîte, même dry shake, et tu obtiens une mousse quasi identique, végane et sans risque sanitaire. Le goût est neutre une fois le cocktail shaké.

Comment remplacer l'Angostura ?

Par n'importe quel bitter aromatique (orange bitters, bitter maison aux épices) à dose égale : 2 traits sur la mousse. En dépannage total, une micro-pincée de cannelle ou de muscade râpée sur la mousse joue le même rôle d'assaisonnement aromatique. L'Angostura n'est pas indispensable, mais la version « nue » perd son nez épicé.

Whisky sour ou whiskey sour : quelle orthographe ?

Les deux sont correctes, tout dépend de la bouteille : « whisky » désigne les productions écossaises, canadiennes ou japonaises, « whiskey » les irlandaises et américaines. Comme la recette classique se fait au bourbon (américain), « whiskey sour » est techniquement plus juste — mais l'usage français a retenu « whisky sour ».

Qu'est-ce qu'un cocktail sour ?

Une famille de cocktails construits sur le ratio 3-2-1 : 3 parts de spiritueux, 2 parts de jus d'agrume, 1 part de sucre, le tout shaké. Le whisky sour en est l'archétype, mais le daiquiri (rhum), la margarita (tequila) et le pisco sour suivent exactement la même architecture.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération. La vente d'alcool aux mineurs est interdite.

Rédigé et vérifié par l'équipe du Barman Vous Déteste — mis à jour le 3 août 2026.

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