Cocktail Blue Hawaii : la vraie recette de Harry Yee (avec vodka, sans coco)

🌡 ~11° le verre fini🔥 215 kcal⏱ 5 min💪 facile🥃 Verre hurricane (ou tulipe), rempli de glace pilée💶 ~1,90 € le verre
Les ingrédients, ajustés pour toi
1 personne
Rhum blanc2 cl
Vodka (autant que le rhum, c'est la signature du cocktail)2 cl
Curaçao bleu (15 à 25 % vol. selon les marques)1.5 cl
Jus d'ananas (pur jus)9 cl
Sour mix (1,5 cl de jus de citron + 1,5 cl de sirop de sucre)3 cl
Glace pilée (à hauteur du verre)1 verre
🔄 Pas le bon ingrédient ? Les substitutions qui marchent
Sour mix→ 1,5 cl de jus de citron + 1,5 cl de sirop de sucre, mesurés séparément
Curaçao bleu→ Triple sec ou curaçao orange (le cocktail devient jaune)
Glace pilée→ Glaçons concassés au torchon et au rouleau à pâtisserie
Jus d'ananas en brique→ Ananas frais mixé et filtré, même volume

Un cocktail Blue Hawaii, c’est 2 cl de rhum blanc, 2 cl de vodka, 1,5 cl de curaçao bleu, 9 cl de jus d’ananas et 3 cl de sour mix, shakés et versés sur glace pilée dans un verre hurricane. Environ 10 à 12 % vol. Créé par Harry Yee en 1957 à Waikiki. Aucune coco là-dedans : si ton verre ressort turquoise et opaque, tu n’as pas fait un Blue Hawaii, tu as fait un Blue Hawaiian, qui est un autre cocktail.

Blue Hawaii ou Blue Hawaiian ? La différence en une ligne

Deux cocktails, deux noms proches, une confusion générale. Le Blue Hawaii est l’original : rhum blanc, vodka, curaçao bleu, ananas, sour mix. Limpide, acidulé, tranchant. Le Blue Hawaiian est sa version crémeuse : exit la vodka et le sour mix, entre la crème de coco. Autrement dit, une piña colada bleue.

Blue Hawaii Blue Hawaiian
Alcools Rhum blanc + vodka Rhum blanc seul
Coco Aucune Crème de coco
Partie acide Sour mix (citron + sirop) Jus d’ananas seul
Aspect Bleu franc, limpide Turquoise laiteux, opaque

Le détail qui compte : la version française de Wikipédia publie la recette à la coco sous le titre « Blue Hawaii ». C’est l’inverse de la réalité, et c’est de là que vient la moitié des recettes fausses en circulation. Si c’est la version onctueuse que tu cherches, tout est expliqué en détail sur notre fiche Blue Hawaiian. Si tu veux le bleu translucide des cartes tiki, tu es au bon endroit.

La recette du Blue Hawaii, étape par étape

Matériel : un shaker, un doseur, une passoire, un verre hurricane et de la glace pilée. Compte 5 minutes, sour mix compris. C’est un shake classique, sans difficulté technique : tout se joue sur les doses et sur la glace.

  1. Prépare ton sour mix : 1,5 cl de jus de citron pressé et 1,5 cl de sirop de sucre, mélangés. Ça fait les 3 cl de la recette.
  2. Remplis le verre hurricane de glace pilée jusqu’en haut et mets-le de côté.
  3. Dans le shaker, verse 2 cl de rhum blanc, 2 cl de vodka, 1,5 cl de curaçao bleu, 9 cl de jus d’ananas et les 3 cl de sour mix.
  4. Ajoute une grosse poignée de glaçons.
  5. Secoue franchement 10 à 12 secondes. Le jus d’ananas mousse au shake, c’est normal et c’est recherché.
  6. Verse à la passoire sur la glace pilée, sans forcer.
  7. Garnis d’une tranche d’ananas et d’une cerise confite. Sers immédiatement avec une paille.

Ici, contrairement au Blue Hawaiian, le curaçao part au shaker avec le reste : il n’y a pas de crème de coco blanche à préserver, donc pas de dégradé à construire. Le mélange sort bleu franc, uniformément.

Cocktail Blue Hawaii : la vraie recette de Harry Yee (avec vodka, sans coco) en vidéo
🥃 Le conseil du barman

Fais ton sour mix en bocal, pas au verre. C’est la seule mise en place de cette recette, et c’est aussi la moins chère de ta cuisine : 10 cl de jus de citron pressé et 10 cl de sirop de sucre dans un bocal à confiture, tu secoues, tu as 20 cl de sour mix, soit près de sept cocktails, pour à peu près un euro cinquante de citrons. En bouteille industrielle, le même volume te coûte trois à quatre fois plus cher et arrive avec des arômes de synthèse qui s’entendent immédiatement dans un verre aussi simple. Deux règles pour que ça tienne : moitié citron jaune, moitié citron vert si tu en as — le jaune donne la rondeur, le vert donne le tranchant — et cinq jours maximum au réfrigérateur. Passé ce délai, le jus s’oxyde, il prend un goût de carton et tu le sentiras avant de le voir. Fais le compte : un bocal préparé le samedi matin, c’est ton Blue Hawaii, ton Mai Tai et ton Hurricane réglés pour le week-end, sans represser un citron à chaque verre. C’est ce qui sépare celui qui improvise un verre de celui qui sait en servir une tablée.

Le sour mix : ce que c’est et comment le faire en 30 secondes

Le sour mix, ou sweet and sour, est le raccourci historique des bars américains : un mélange à parts égales de jus d’agrume et de sirop de sucre, préparé à l’avance, qui apporte d’un seul geste l’acidité et le sucre d’un cocktail. C’est l’un des deux marqueurs du Blue Hawaii, avec la vodka — et aucune source française ne le nomme.

La recette tient en une ligne : un volume de jus de citron pour un volume de sirop de sucre. Le sirop de sucre, c’est deux parts de sucre pour une part d’eau chaude, remuées jusqu’à dissolution, refroidies. Rien d’autre. Si une recette te donne séparément « 1,5 cl de citron + 1,5 cl de sirop », elle te décrit du sour mix sans le dire, ce que font deux des sources françaises les mieux classées sur ce cocktail.

Pourquoi il y a de la vodka dedans

C’est la question qui revient dès qu’on compare deux recettes, et la réponse est structurelle. Harry Yee met autant de vodka que de rhum, 2 cl de chaque. La vodka n’apporte aucun goût : elle apporte de la longueur alcoolique sans ajouter une seule note aromatique, là où doubler le rhum aurait couvert le curaçao et l’ananas. C’est un choix de barman, pas un hasard.

Sur les recettes françaises consultées, une seule met de la vodka, et sans expliquer que c’est ce qui définit le cocktail. Les autres la suppriment purement et simplement — ce qui donne un verre plus faible, plus sucré, et qui n’est plus un Blue Hawaii. Si tu n’as pas de vodka sous la main, ne double pas le rhum : sers-toi plutôt du Blue Lagoon, qui est justement le cocktail bleu à la vodka seule.

Combien d’alcool et de calories dans un Blue Hawaii ?

Deux alcools dans le verre, et un goût d’ananas qui les masque tous les deux : autant le chiffrer. Le calcul depuis les doses de cette page : 2 cl de rhum à 40 %, 2 cl de vodka à 40 % et 1,5 cl de curaçao bleu à environ 21 % font environ 1,9 cl d’alcool pur, soit à peu près 1,5 unité d’alcool. Sur un verre servi d’environ 18 à 20 cl, glace comprise, on obtient 10 à 12 % vol.

C’est nettement plus que le Blue Hawaiian, qui n’a qu’un alcool et de la crème de coco pour adoucir. Attention aussi au curaçao bleu : selon les marques, il titre de 15 à 25 % vol., ce qui déplace le résultat. Le calculateur de degré d’alcool te donne le chiffre exact pour ta bouteille, et le calculateur d’alcoolémie le convertit en unités.

Côté calories, compte environ 200 à 230 kcal le verre : les alcools portent l’essentiel, le curaçao et le sirop du sour mix apportent le sucre, le jus d’ananas complète. Détail sur le calculateur de calories. Et si tu travailles depuis une recette américaine en onces, le convertisseur cl / ml / oz évite la conversion approximative — 1 oz vaut environ 3 cl, pas 2,5.

Harry Yee, 1957, et un commercial de Bols

Le Blue Hawaii n’est pas une recette anonyme : il a un auteur, une date et une raison d’exister. Harry Yee, chef barman du bar tiki du Hawaiian Village à Waikiki, à Honolulu, le crée en 1957 à la demande d’un commercial du néerlandais Bols, qui cherchait à écouler son curaçao bleu. Le cocktail est donc, littéralement, une commande commerciale — ce qui ne l’empêche pas d’être devenu un classique tiki.

Tu croiseras deux noms pour l’établissement, « Kaiser Hawaiian Village » et « Hilton Hawaiian Village », et les sources s’opposent sans jamais l’expliquer. L’explication est simple : l’hôtel a été développé par l’industriel Henry J. Kaiser avant d’être racheté par Hilton au début des années 1960. En 1957, au moment de la création du cocktail, il ne portait donc pas encore le nom Hilton. Les deux appellations désignent le même lieu à deux époques.

Quant à l’ombrelle en papier, qu’on attribue régulièrement à Harry Yee : c’est une attribution répandue que nous n’avons pas réussi à sourcer sérieusement. On te la signale comme telle plutôt que de la recopier. Elle reste une garniture parfaitement légitime sur ce verre.

Le cocktail, le film et l’album d’Elvis

Si tu tapes « blue hawaii » dans un moteur de recherche, tu tomberas autant sur Elvis Presley que sur un cocktail : Blue Hawaii est un film de 1961 avec Elvis, et la bande originale du même nom a été l’un des albums les plus vendus de sa carrière.

Le point factuel utile : le cocktail est antérieur au film. Harry Yee le crée en 1957, le film sort quatre ans plus tard. Il n’existe aucun lien documenté entre les deux — pas de commande, pas de partenariat, pas de scène de bar fondatrice. Les deux partagent une expression qui désignait déjà l’imaginaire hawaïen dans la culture américaine des années 1950, à l’époque où Hawaï devenait le cinquantième État. C’est tout. Si tu cherchais la chanson, ce n’est pas la bonne page ; si tu cherchais le verre, la recette est plus haut.

Les autres cocktails tiki au rhum et à l’ananas

Le Blue Hawaii appartient à la génération tiki d’après-guerre, celle qui construit des cocktails longs sur le rhum, les jus tropicaux et les liqueurs colorées. Dans la même famille : le Mai Tai, plus sec et plus rhum, le Painkiller, ananas-orange-coco, le Bahama Mama, le Zombie, qui est le plus chargé du répertoire, et le Scorpion.

Côté cocktails bleus, le Blue Lagoon à la vodka, la Blue Margarita et le mojito bleu reposent tous sur le même curaçao — le sujet est traité en entier sur la fiche Blue Hawaiian, avec le pourquoi de sa couleur et les moyens de le remplacer. Et pour une version 0 %, va voir le Blue Lagoon sans alcool. Le reste du répertoire est sur le hub cocktails.

À boire aussi

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le Blue Hawaii et le Blue Hawaiian ?

Deux boissons, pas deux orthographes. Le Blue Hawaii de Harry Yee monte autant de vodka que de rhum blanc, du curaçao bleu, du jus d'ananas et du sour mix : limpide, acidulé, tranchant, et il ne voit jamais la coco. Le Blue Hawaiian abandonne la vodka et le sour mix au profit de la crème de coco, ce qui en fait une piña colada bleue, opaque et sucrée. Côté chiffres, le premier tourne autour de 10 à 12 % vol., le second autour de 9 % vol. pour une centaine de kilocalories de plus. La confusion vient notamment de la version française de Wikipédia, qui publie la recette à la coco sous le titre Blue Hawaii.

Y a-t-il de la vodka dans un Blue Hawaii ?

Oui, et c'est même ce qui le définit : Harry Yee met autant de vodka que de rhum, 2 cl de chaque. La vodka n'apporte aucun arôme, elle apporte de la longueur alcoolique sans couvrir le curaçao et l'ananas, ce qu'un doublement du rhum aurait fait. La plupart des recettes françaises la suppriment, ce qui donne un verre plus faible, plus sucré, et qui n'est plus un Blue Hawaii.

C'est quoi le sour mix ?

Le sour mix, ou sweet and sour, est un mélange à parts égales de jus d'agrume et de sirop de sucre, préparé à l'avance dans les bars américains pour apporter d'un seul geste l'acidité et le sucre d'un cocktail. Pour le faire : 10 cl de jus de citron et 10 cl de sirop de sucre dans un bocal, secoués, à garder cinq jours au réfrigérateur maximum. Certaines recettes le décomposent en « jus de citron + sirop » sans jamais le nommer.

Quel est le degré d'alcool d'un Blue Hawaii ?

Environ 10 à 12 % vol. sur un verre servi de 18 à 20 cl. Le calcul : 2 cl de rhum à 40 %, 2 cl de vodka à 40 % et 1,5 cl de curaçao bleu à environ 21 % font près de 1,9 cl d'alcool pur, soit environ 1,5 unité d'alcool. Le degré du curaçao varie de 15 à 25 % selon les marques, ce qui déplace sensiblement le résultat. Il y a deux alcools dans ce verre, et le jus d'ananas les masque tous les deux.

Le Blue Hawaii est-il un cocktail IBA ?

Non. Ni le Blue Hawaii ni le Blue Hawaiian ne figurent sur la liste officielle des cocktails de l'International Bartenders Association. Ça ne dit rien de leur qualité : la liste IBA est une sélection de concours, pas un classement de goût, et beaucoup de classiques tiki n'y sont pas.

Le cocktail Blue Hawaii a-t-il un rapport avec le film d'Elvis ?

Non, aucun lien documenté. Harry Yee crée le cocktail en 1957 à Waikiki, le film Blue Hawaii avec Elvis Presley sort en 1961, soit quatre ans plus tard. Les deux partagent une expression qui désignait déjà l'imaginaire hawaïen dans la culture américaine des années 1950, à l'époque où Hawaï devenait le cinquantième État.

Comment remplacer le curaçao bleu ?

Par du triple sec ou du curaçao orange, au même dosage : le goût est très proche, seule la couleur change, et ton Blue Hawaii deviendra jaune. La question du colorant et des substituts est traitée en détail sur notre fiche Blue Hawaiian, qui porte tout le sujet curaçao.

Pourquoi le curaçao est-il bleu ?

Parce qu'on y ajoute un colorant : le curaçao est à la base une liqueur d'écorces d'orange amère de l'île de Curaçao, naturellement incolore ou ambrée, et la version bleue est une création commerciale du 20e siècle destinée à donner de la couleur aux cocktails. Le détail est développé sur notre fiche Blue Hawaiian.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération. La vente d'alcool aux mineurs est interdite.

Rédigé et vérifié par l'équipe du Barman Vous Déteste — mis à jour le 4 août 2026.

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