Espresso martini : la recette (et le secret de la mousse)

★ Recette officielle IBA🌡 ~14° le verre fini🔥 200 kcal⏱ 5 min💪 moyenne🥃 Verre coupe ou verre à martini💶 ~1,80 € le verre
Les ingrédients, ajustés pour toi
1 personne
Vodka5 cl
Liqueur de café (Kahlúa)3 cl
Sirop de sucre (à réduire si la liqueur est très sucrée)1 cl
Espresso fraîchement tiré4 cl
Grains de café (déposés au centre de la mousse)3 grains
🔄 Pas le bon ingrédient ? Les substitutions qui marchent
Kahlúa→ Tia Maria ou liqueur de café artisanale — ajuster le sirop selon le sucre de la liqueur
Espresso machine→ Café de moka serré (4 cl) ou cold brew concentré ; jamais de café filtre
Vodka→ Tequila reposado (variante qui monte dans les bars)

Un espresso martini, c’est 5 cl de vodka, 3 cl de liqueur de café (type Kahlúa), 1 cl de sirop de sucre et un espresso fraîchement tiré (environ 4 cl), le tout shaké violemment avec de la glace et doublement filtré dans un verre glacé. La règle d’or tient en une phrase : café frais + shake violent = mousse. C’est la crema qui fait le cocktail — et c’est exactement elle que tout le monde rate à la maison. On t’explique pourquoi, avec les plans B si tu n’as pas de machine à expresso. (Et oui, on écrit bien « espresso », pas « expresso » — on y revient en FAQ.)

Les ingrédients et les doses exactes

La recette IBA, celle qui fait référence :

  • Vodka : 5 cl — neutre, à 40 %. C’est le châssis du cocktail, pas son moteur aromatique.
  • Liqueur de café : 3 cl — Kahlúa historiquement, mais toute bonne liqueur de café fonctionne.
  • Sirop de sucre : 1 cl — à ajuster selon ta liqueur : certaines sont déjà très sucrées.
  • Espresso : 1 tasse (environ 4 cl) — serré, fraîchement tiré, c’est l’ingrédient critique.
  • Garniture : 3 grains de café — pas une option, on t’explique pourquoi plus bas.

Environ 13 cl de liquide avant dilution, servis dans une coupe ou un verre à martini sorti du congélateur. Si tu suis une recette anglo-saxonne en oz ou en ml, notre convertisseur cl / ml / oz t’évite les approximations — et sur un cocktail aussi tendu, 5 ml d’écart se goûtent.

Quel café et quelle vodka ?

Le café d’abord, parce que c’est lui qui commande. Un espresso serré, court, tiré dans les minutes qui précèdent le shake : la crema de l’espresso — cette émulsion d’huiles et de micro-bulles en surface — est la matière première de la mousse du cocktail. Un espresso tiré une heure avant a perdu sa crema et une bonne partie de ses arômes volatils : il fera un cocktail plat, point. Côté grain, un assemblage avec du robusta donne plus de crema et plus de mâche qu’un 100 % arabica délicat — pour une fois, le café « de bistrot » a un avantage.

La vodka : neutre et froide. Son rôle est de porter l’alcool sans parasiter le café, donc inutile de payer une vodka premium aux subtilités que l’espresso va laminer. Une vodka correcte à 15-20 €, stockée au congélateur, fait un travail impeccable.

Le Kahlúa, remplaçable ? Oui. Le Kahlúa (16 %, très sucré) est le standard historique, mais toute liqueur de café fonctionne : Tia Maria, plus sèche et plus café, ou les excellentes liqueurs de café artisanales qui fleurissent partout. Règle d’ajustement : plus ta liqueur est sèche, plus tu gardes le centilitre de sirop ; avec un Kahlúa bien sucré, tu peux le réduire de moitié.

La méthode pas à pas

  1. Mets ta coupe ou ton verre à martini au congélateur (10 minutes minimum) et tire ton espresso.
  2. Verse dans le shaker : la vodka (5 cl), la liqueur de café (3 cl), le sirop (1 cl), puis l’espresso.
  3. Remplis le shaker de glaçons pleins, aux deux tiers.
  4. Shake violent, 15 à 20 secondes. Pas un balancement poli : un vrai shake qui réveille, jusqu’à ce que le métal te gèle les mains.
  5. Double filtrage : passoire du shaker + tamis fin, en versant au centre du verre glacé.
  6. Laisse la mousse se rassembler quelques secondes, puis dépose 3 grains de café au centre.
Espresso martini : la recette (et le secret de la mousse) en vidéo

Le secret de la mousse

La mousse de l’espresso martini n’a rien de magique : c’est une émulsion. Le café contient des protéines, des huiles et des solides dissous ; le shake violent y injecte de l’air et la glace fige le tout en micro-bulles stables. D’où les trois conditions non négociables : un café frais (sa crema et ses composés tensioactifs sont intacts), un shake long et violent (15-20 secondes — l’air ne rentre pas tout seul), et un double filtrage qui retient les paillettes de glace, lesquelles perceraient la mousse en fondant. Le verre glacé joue le rôle de conservateur : sur une paroi tiède, la mousse retombe en une minute. Si ta mousse est inexistante, c’est le café (trop vieux) ou le shake (trop court) ; si elle est grossière et pleine de bulles, c’est le filtrage. Diagnostic simple, remède simple.

Pas de machine à expresso ? Les plans B

Le cas réel de 90 % des cuisines françaises. Par ordre de préférence :

La moka (cafetière italienne) : le meilleur plan B. Son café est assez concentré et assez riche en huiles pour mousser correctement. Sers-le serré : 4 cl, pas une tasse pleine.

Le cold brew concentré : du café infusé à froid 12-24 h, dosé fort (ratio 1:5). Zéro amertume, déjà froid — shake un peu plus long pour compenser la crema absente, mousse plus fine mais correcte.

Le café soluble, en dépannage assumé : double dose (2 cuillères à café) dans 4 cl d’eau chaude, refroidi avant shake. Ça mousse — le soluble contient des protéines qui émulsionnent bien — mais le goût reste plat. Ça dépanne un soir, ça ne devient pas une habitude.

À éviter : le café filtre. Trop dilué : tu ajoutes 8-10 cl d’eau au cocktail, la mousse ne prend pas et le verre est noyé. Si tu n’as vraiment que ça, réduis à 3 cl et double-shake — mais on ne t’a rien dit. Les amateurs de café + alcool dans une version chaude iront d’ailleurs voir l’Irish coffee, qui règle le problème autrement.

🥃 Le conseil du barman

Le geste de pro pour une soirée : tire tous tes espressos à l’avance, en début d’après-midi, verse-les dans une bouteille fermée et hop, au frigo. Contrairement à la légende, un café refroidi VITE et stocké hermétiquement garde ses huiles et ses protéines — c’est le café qui traîne à l’air libre qui meurt. Bonus : shaker un café déjà froid = moins de fonte de glace, donc un cocktail moins dilué et une mousse plus dense. Le soir, tu shakes à la chaîne sans que ta machine devienne le goulot d’étranglement de la soirée. Deuxième réflexe : les verres au congélateur dès le début de soirée — un espresso martini dans un verre tiède, c’est une mousse morte en soixante secondes. Et les 3 grains de café se posent au centre de la mousse, jamais sur le bord.

Quel degré d’alcool dans un espresso martini ?

Environ 13-15 % vol après dilution. Le calcul : 5 cl de vodka à 40 % et 3 cl de liqueur à 16-20 %, allongés par l’espresso (0 %), le sirop et l’eau de fonte du shake — on atterrit sur l’équivalent d’un vin puissant, servi dans un verre de 13-14 cl qui se boit vite parce qu’il est bon. Ne te laisse pas piéger par le goût de café : c’est un cocktail à part entière, pas un dessert. Compte environ 200 kcal par verre (l’alcool, le sucre de la liqueur et le sirop). Pour recalculer selon ta liqueur ou tes doses, direction notre calculateur de degré d’alcool.

Les variantes de l’espresso martini

Baileys espresso martini

Remplace le sirop par 2 cl de Baileys (et garde liqueur de café + vodka) : le cocktail devient crémeux, plus doux, clairement dessert. Shake encore plus violent — la crème alourdit la mousse — et sers immédiatement.

Tequila espresso martini

La vodka laisse la place à 5 cl de tequila reposado : ses notes vanillées et boisées se marient étonnamment bien avec le café. C’est la variante qui monte dans les bars — plus de caractère, même construction.

Version déca et version sans alcool

Le déca règle la question du sommeil sans toucher au goût : un bon déca serré mousse exactement pareil, la crema ne dépend pas de la caféine. Pour la version sans alcool : 4 cl d’espresso (ou déca), 2 cl de sirop, 6 cl de lait d’avoine « barista » ou d’eau, même shake, même double filtrage — un shakerato à l’italienne qui tient la route. Dans la famille des martinis modernes au shaker, va aussi jeter un œil au Pornstar martini, son cousin fruité né dans les mêmes bars londoniens.

Les erreurs courantes

L’erreur La correction
Verser l’espresso brûlant direct dans le shaker plein de glace Laisse-le tiédir 1-2 minutes (ou prépare-le à l’avance au frigo) : le café bouillant fait fondre la glace et noie le cocktail.
Café tiré il y a une heure Espresso frais, tiré à la minute — ou refroidi vite et stocké hermétiquement au frigo. Jamais de café qui a traîné à l’air.
Shake poli de 5 secondes 15 à 20 secondes, violent. La mousse est une émulsion : sans énergie, pas de mousse.
Filtrage simple Double filtrage au tamis fin : les paillettes de glace percent la mousse en fondant.
Verre à température ambiante Coupe ou verre à martini 10 minutes au congélateur : sur une paroi tiède, la mousse retombe en une minute.
Sucrer sans goûter Ajuste le sirop à ta liqueur : avec un Kahlúa très sucré, 0,5 cl suffit ; avec une liqueur sèche, garde 1 cl.

L’histoire : Dick Bradsell, 1983, et une demande restée célèbre

Londres, 1983, au Soho Brasserie. Le barman Dick Bradsell — l’homme qui a refondé la scène cocktail britannique — improvise pour une cliente un mélange de vodka, d’espresso et de liqueur de café. Selon le récit que Bradsell a lui-même raconté toute sa vie, la cliente, un mannequin célèbre dont il n’a jamais lâché le nom, lui aurait demandé un verre qui « la réveille avant de l’achever » — la formule d’origine étant nettement plus crue. Le cocktail s’appelle d’abord « vodka espresso », devient « espresso martini » dans les années 1990 quand tout ce qui se servait en verre à martini prenait le suffixe, et connaît une seconde jeunesse mondiale depuis les années 2010. L’IBA l’a inscrit à sa liste officielle, catégorie New Era Drinks.

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Questions fréquentes

Espresso ou expresso : comment on écrit ?

Les deux graphies existent en français : « expresso » est la francisation courante, « espresso » la forme italienne d'origine. Pour le cocktail, l'usage international a tranché : c'est « Espresso Martini », nom propre créé à Londres. Google comprend les deux, ton barman aussi.

Pourquoi 3 grains de café sur l'espresso martini ?

C'est un clin d'œil à la tradition italienne de la sambuca « con la mosca », servie avec trois grains de café représentant la santé, la richesse et le bonheur. Sur l'espresso martini, ils signalent aussi que la mousse est assez dense pour les porter — un grain qui coule trahit une mousse ratée.

Peut-on faire un espresso martini sans machine à expresso ?

Oui. Le meilleur plan B est la moka italienne, dont le café concentré mousse correctement (sers 4 cl, serré). Le cold brew concentré fonctionne aussi, avec un shake un peu plus long. Le café soluble double dose dépanne. Seul vrai interdit : le café filtre, trop dilué, qui noie le cocktail.

Faut-il laisser refroidir le café avant de shaker ?

Idéalement une à deux minutes, ou complètement si tu l'as préparé à l'avance au frigo dans une bouteille fermée. Un espresso bouillant versé sur la glace la fait fondre massivement et dilue le cocktail. Un café déjà froid, c'est moins de dilution et une mousse plus dense — c'est le geste des bars qui en servent à la chaîne.

Quelle vodka pour un espresso martini ?

Une vodka neutre à 40 %, correcte sans être premium : son rôle est de porter l'alcool, pas d'apporter des arômes que l'espresso écraserait de toute façon. 15-20 € suffisent largement. Stocke-la au congélateur : une vodka glacée limite la fonte de la glace au shake.

Par quoi remplacer le Kahlúa ?

Par n'importe quelle liqueur de café : Tia Maria (plus sèche, plus marquée café) ou une liqueur de café artisanale. Ajuste le sirop en conséquence : le Kahlúa étant très sucré, une liqueur plus sèche demande de garder le centilitre de sirop complet, voire un peu plus.

L'espresso martini empêche-t-il de dormir ?

Il contient la caféine d'un espresso, soit environ 60 à 80 mg par verre — l'effet est le même qu'un café pris à la même heure, et la caféine met plusieurs heures à s'éliminer. Si tu y es sensible, la solution est simple : un déca serré mousse et goûte exactement pareil, la crema ne dépendant pas de la caféine.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération. La vente d'alcool aux mineurs est interdite.

Rédigé et vérifié par l'équipe du Barman Vous Déteste — mis à jour le 3 août 2026.

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