Dix questions de culture — histoire, appellations, vocabulaire de bar. Pas de piège gratuit : chaque réponse est expliquée et renvoie à la fiche du cocktail concerné. On a fait passer ce quizz à des barmans en poste. Ils n’ont pas tous fait 10/10.
Les dix questions, leur bonne réponse et l’explication. Chaque corrigé renvoie à la fiche du cocktail concerné.
Bonne réponse : L’americano — la fiche americano
Le comte Camillo Negroni trouvait son americano trop timide et a demandé au barman Fosco Scarselli d’en remplacer l’eau gazeuse par du gin. Le boulevardier, lui, est venu après : c’est le negroni au bourbon. Piège classique, et il tombe dans les deux sens.
Bonne réponse : « Petit », en créole — la fiche ti punch
« Ti » est la forme créole de « petit ». C’est le punch individuel, par opposition aux grands punchs en bol : chacun dose son verre à partir de la bouteille, du sucre et du citron posés sur la table. Ce rituel est sa vraie signature, plus encore que la recette.
Bonne réponse : Le moscow mule — la fiche moscow mule
Los Angeles, pub Cock’n’Bull : John G. Martin voulait écouler sa vodka Smirnoff, Jack Morgan sa ginger beer. La tasse en cuivre était là pour marquer les esprits. Ça a marché : ce cocktail a lancé la vodka aux États-Unis. Le nom est du pur marketing — « Moscow » pour le cliché russe, « mule » pour le coup de pied du gingembre.
Bonne réponse : « Raté » — la fiche negroni
L’histoire veut qu’un barman du Bar Basso à Milan ait attrapé une bouteille de spumante à la place du gin. Résultat : Campari, vermouth rouge, vin pétillant. Le « raté » est devenu viral sur TikTok des décennies plus tard.
Bonne réponse : Spiritueux, sucre, eau, bitters — la fiche old fashioned
Cette définition, c’est mot pour mot un old fashioned. Le nom du cocktail vient d’ailleurs de là : à la fin du 19e siècle, les clients réclamaient leur whisky cocktail « à l’ancienne », sans les fantaisies des barmans de l’époque. Le verre bas dans lequel on le sert a fini par prendre son nom.
Bonne réponse : À un peintre vénitien — la fiche bellini
Giuseppe Cipriani l’a baptisé en 1948 au Harry’s Bar de Venise, pendant une exposition consacrée à Giovanni Bellini : la teinte rosée du cocktail lui rappelait les tons d’une toge sur une de ses toiles. Vincenzo Bellini, le compositeur, est un homonyme — et un excellent piège.
Bonne réponse : Un shake sans glace, avant le shake normal — la fiche whisky sour
Sans glace, les protéines du blanc d’œuf s’émulsionnent librement et montent en mousse ; le froid, lui, les fige avant qu’elles n’aient enfermé l’air. D’où la séquence : 15 s à sec, puis 12-15 s avec glace. C’est tout le secret de la mousse du whisky sour.
Bonne réponse : Qu’aucun autre sucre que celui de l’agave n’a servi à la fermentation — la fiche margarita
Sans cette mention, une tequila peut légalement contenir jusqu’à 49 % de sucres d’autre origine — ce sont les « mixto ». Sur une margarita à trois ingrédients, l’écart se goûte immédiatement. C’est la seule mention à vérifier sur l’étiquette.
Bonne réponse : D’un colorant, ajouté uniquement pour l’effet visuel — la fiche blue lagoon
Le curaçao est une liqueur d’écorces d’orange amère de l’île de Curaçao — le laraha existe bel et bien, mais il n’a rien de bleu. La couleur est un choix marketing pur, et le blue lagoon, créé en 1960 au Harry’s New York Bar de Paris, a été construit autour de cette couleur.
Bonne réponse : Du tahitien « maita’i », qui veut dire « bon » — la fiche mai tai
Selon Vic, ce sont des amis tahitiens qui ont goûté le verre et lâché « maita’i ». Le cocktail a été bâti autour d’un rhum jamaïcain de 17 ans — que son propre succès a fini par épuiser. Son rival Don the Beachcomber a revendiqué un « mai tai swizzle » dès 1933 ; la querelle n’a jamais été tranchée.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
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